/regional/quebec/quebec

Saint-Raymond est quitte pour une «bonne frousse»

Arnaud Koenig-Soutière | Journal de Québec

La «catastrophe» anticipée par les autorités à Saint-Raymond, dans Portneuf, a finalement été évitée, samedi, alors qu’une débâcle imminente mélangeant l’eau et la glace menaçait d’inonder le cœur de la municipalité.

«On a eu une bonne frousse [...]. Avec ce qu’on nous avait annoncé, c’était catastrophique. Finalement, on a été chanceux», a soufflé le maire de Saint-Raymond, Daniel Dion, en fin de journée.

Les services d’urgence craignaient le pire, en mi-journée, après qu’un embâcle ait cédé à quelques kilomètres du centre-ville.

«Il y avait un train de glace en amont, à environ huit kilomètres, qui s’est détaché et qui a parcouru un kilomètre. On pensait que ça se rendrait au centre-ville», relate M. Dion.

L’importante «vague», qui a tenu en haleine des dizaines de citoyens à la fois curieux et inquiets, s’est finalement dissipée. Les nombreux méandres et le couvert de glace encore intact sur la rivière Saint-Anne lui ont fait perdre de sa puissance, écartant de ce fait les appréhensions par la Ville. Le courant a finalement bifurqué dans les champs, où quelques résidences ont été enclavées, sans être menacées.

Un pont sous haute surveillance

Si le scénario «catastrophique» a été écarté, les risques d’inondation sont encore «très élevés», nuance le maire. Des fermetures de routes sont d’ailleurs à prévoir dimanche, estime-t-il.

La fonte de neige et les fortes pluies des derniers jours, quoique moins abondantes qu’annoncées, feront culminer le débit de la rivière à près de 300 m³/s dimanche soir. Le principal point d’interrogation est maintenant de savoir si la rivière pourra s’écouler sous le pont Chalifour, alors que le courant frôlait sa structure hier soir.

Pierre Robitaille, un riverain de 72 ans, installait hier une troisième pompe dans le sous-sol de son immeuble à logements, où l’eau s’infiltre généreusement. En 15 ans, cette inondation est la cinquième à laquelle il fait face.

«S’il y a un embâcle qui se forme au pont, c’est là qu’il va y avoir une catastrophe», craint celui qui redoute un épisode semblable à 2014, durant lequel cinq pieds d’eau avaient encombré son sous-sol.

«Est-ce que l’eau va passer? C’est un guess, on ne le sait pas, concède le maire Daniel Dion. S’il y a des glaces qui font en sorte que ça ne passe plus en dessous du pont, il y a des gens sur un pied de guerre qui sont prêts à l’enlever.»

Des renforts

Alors que les Forces armées canadiennes appuient déjà la Capitale-Nationale et Chaudière-Appalaches, la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, a annoncé samedi que quelque 600 militaires supplémentaires allaient être déployés dans les régions les plus vulnérables pour prêter main-forte.

«Je veux rappeler aux gens, aux autorités municipales et aux citoyens de faire preuve d’extrême prudence, d’extrême vigilance. On sait ce qui s’en vient dans les prochaines heures, alors ne prenez aucun risque inutile et suivez les consignes de vos autorités locales», a également sommé Mme Guilbaut, qui était de passage à Saint-Raymond samedi matin.