/news/culture

«Une vie en hauteur»: hypnotisant

TVA Nouvelles

Ce long métrage de Claire Denis avec Juliette Binoche et Robert Pattinson est assuré de diviser, car il ne peut y avoir d’entre-deux pour «Une vie en hauteur». On aime ou on déteste.

Dès le début, ce film oppresse. Monte (Robert Pattinson) répare le vaisseau spatial dans lequel il vit, seul, avec un bébé. Procédant par touches légères, comme une espèce de tableau impressionniste déjanté, la cinéaste française Claire Denis prend son temps. Le temps de plonger le spectateur dans la claustrophobie de l’espace et de l’infini, dans celle de la survie et celle de la sexualité.

On pourra arguer que cette fable de science-fiction - et donc philosophique - sur l’avenir de l’humanité tourne en rond, qu’elle ressasse des thèmes déjà abordés. L’esthétique minimaliste, l’aspect obsolète ou rétro de la technologie a également été utilisée par d’autres. Mais la réalisatrice s’en moque. Dans le discours, elle apporte une sexualité et une exploration de la reproduction solitaires. Dans la forme, elle glisse un clin d’œil à Andreï Tarkovski.

Tous ses personnages sont savamment dérangés: la docteure Dibs (Juliette Binoche) et son obsession de l’insémination artificielle, les prisonniers (incarnés par André Benjamin, Lars Eidinger, Ewan Mitchell, Mia Goth, Gloria Obianyo, Claire Tran et Agata Buzek) et leur rage de survivre alors même qu’ils se savent condamnés. Car ce vaisseau avançant à la vitesse de la lumière vers un trou noir rassemble des condamnés à mort, devenus cobayes au nom de la science. Dans ce cercueil volant, ils hurlent en silence leur rage de vivre.

Construit à rebours, du moins au début, «Une vie en hauteur» s’attaque à tous les tabous possibles, dérange par sa sensualité perverse et pose les questions les plus intéressantes, c'est-à-dire celles auxquelles il n’y a pas de réponse. Hypnotisant.

Note: 4 sur 5