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4 ans pour avoir menacé d’envoyer des photos nues d’elle

Michael Nguyen | Journal de Montréal

Victimes recherch�es

PHOTO FOURNIE PAR LE SPVM

Un membre de la riche famille fondatrice des magasins Rossy, qui a leurré sur les réseaux sociaux une influenceuse de 15 ans, a finalement écopé de quatre ans de pénitencier.

«Il menaçait d’envoyer les photos à mon école, à mes parents [...]. Pendant des mois, j’ai fait des cauchemars, j’avais une peur constante, il menaçait de ruiner ma vie», a fait savoir à la cour la victime de David Rossy lors de la récente audience au palais de justice de Montréal.

Rossy, 32 ans, n’en était pas à ses premiers crimes sexuels en 2017, lorsqu’il a leurré l’adolescente dont on ne peut révéler l’identité. En 2011, il avait écopé de deux ans moins un jour de prison pour avoir menacé trois adolescentes de diffuser des photos intimes d’elles si elles refusaient de se dévêtir pour lui.

Cette fois, Rossy a trouvé sa proie âgée de 15 ans au festival de musique électronique IleSoniq, à Montréal. Après l’avoir trouvée en ligne, Rossy l’a contactée avec un faux compte.

Seins nus

«Il s’est présenté comme une femme qui voulait que je fasse partie d’une agence de mannequins, a déclaré la victime dans une lettre lue à la cour par son père. Quand il a demandé des photos les seins nus, j’ai cru que ce n’était pas déraisonnable.»

Avec un autre faux compte, Rossy s’était aussi fait passer pour un homme prêt à lui envoyer des « produits de luxe » en échange de photos dénudées.

«Elle a donné son adresse, mais elle n’a jamais rien reçu», a expliqué l’avocate de la défense Isabel Schurman.

Mannequinat

Avec ces photos compromettantes, Rossy n’a pas pris de temps avant de commencer à lui faire peur. Il a tenté d’attirer sa proie dans une «séance de mannequinat», mais quand la jeune femme a refusé, il l’a fait chanter en menaçant d’envoyer les photos à son école et à ses parents.

«J’ai eu cette peur constante que ces photos deviennent virales sur internet», a fait savoir la victime.

L’adolescente est finalement allée porter plainte aux policiers, qui ont arrêté Rossy quelques mois plus tard.

«Il est seul responsable de ses crimes, a noté la juge Patricia Compagnone. Ce n’est pas la faute d’internet, de la société, et encore moins de la plaignante.»

Tout comme à sa dernière condamnation, il a assuré qu’il allait dorénavant se tenir à carreau.

«Je veux une famille, un enfant, a-t-il dit par le truchement de son avocate. Je veux un nouveau départ.»

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