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Elle fait ses impôts seule à 100 ans!

Stéphanie Gendron | Le Journal de Québec

Émilienne Beaupré achève ici sa déclaration de revenus 2018 à la Résidence des Aînés de Saint-Alexandre-de-Kamouraska, qu’elle habite depuis 2005.

Émilienne Beaupré achève ici sa déclaration de revenus 2018 à la Résidence des Aînés de Saint-Alexandre-de-Kamouraska, qu’elle habite depuis 2005.

Une centenaire du Bas-Saint-Laurent à la mémoire d’éléphant réussit toujours à faire ses impôts en plus d’avoir écrit son propre hommage pour célébrer son anniversaire.

Les gens sont souvent surpris d’apprendre qu’Émilienne Beaupré vient de célébrer ses 100 ans. La dame habite depuis près de 15 ans une résidence pour personnes âgées autonomes de Saint-Alexandre-de-Kamouraska, dans le Bas-Saint-Laurent.

Elle est solide sur ses jambes et n’utilise sa canne que pour marcher à l’extérieur. Elle fait son déjeuner, sa vaisselle, son lavage et a une mémoire impressionnante.

« On se sent privilégiés, nous ses enfants. On ne réalise pas qu’elle a 100 ans. On l’oublie », résume sa fille Denise Deschênes.

De l’église au cimetière

Hormis quelques ennuis de santé en 2011 qui a nécessité l’installation d’un stimulateur cardiaque, Mme Beaupré est très en forme.

Quand il n’y a pas de neige dehors, elle marche jusqu’à l’église pour la messe et jusqu’au cimetière pour visiter la tombe de son mari, mort il y a plus de 10 ans, avec comme seul support sa canne... et son ange gardien, répète-t-elle souvent.

« Quand les dames qui viennent ici pour la santé [les professionnelles du CLSC], elles me demandent toujours si je suis tombée. Je dis ‘‘non, j’ai quelqu’un qui me soutient. C’est mon ange gardien’’ », leur répond-elle.

L’hiver, ses enfants, dont le plus vieux a 78 ans, refusent qu’elle marche dehors, car ils craignent qu’elle chute.

« Ils me disent que si je tombe, je vais mourir. Ils ne veulent pas que je meure », dit Émilienne Beaupré, sur un ton espiègle.

Centenaire depuis le 6 février dernier, elle se rappelle toutes les dates importantes de sa vie qui a commencé en 1919 dans un rang de Saint-Alexandre-de-Kamouraska.

Durant une discussion, lorsque des gens autour d’elle n’arrivent pas à se rappeler un nom, c’est souvent elle qui le trouve.

L’ancienne secrétaire prépare à la main ses déclarations de revenus depuis l’année où elle a dû en produire.

Elle fait pratiquement tout toute seule, comme ses rôties le matin, sa vaisselle ou son lavage. Elle habite l’appartement de sa résidence pour aînés depuis 2005. Elle s’y était installée avec son mari Donat Deschênes, qui est décédé un an plus tard à l’âge de 93 ans.

Sociable et pieuse

Sa vie sociale occupe beaucoup son quotidien, ainsi que les émissions de télévision religieuses comme La victoire de l’amour et la messe en fin de journée. Elle se dit très pieuse.

« Je suis dans le spirituel par-dessus la tête », dit-elle en riant. Elle est consciente qu’elle est en forme pour un âge aussi avancé.

« Je mets ça dans les mains du Seigneur et je lui dis ‘‘arrange-toi avec ça, fais ce que tu voudras !’’. »

Pour s’occuper, elle lit des livres, fait des sudokus, des casse-têtes et des mots débrouillés, en plus d’une petite sieste après dîner. Surtout, la centenaire jase avec les résidents, dont plusieurs sont beaucoup plus jeunes qu’elle.

Écrire son hommage

Émilienne Beaupré attribue sa grande forme en partie à ses enfants, qui sont tous vivants, et ses proches, qui la visitent beaucoup.

Elle les a d’ailleurs surpris dernièrement lorsqu’elle a écrit son propre hommage, à la main, pour célébrer ses 100 ans.

Elle voulait leur laisser un souvenir de ce qu’elle est. Elle y fait un survol de sa vie et termine en remerciant les gens présents et le Seigneur pour « cette vie qu’il m’a donnée. Je ne la changerais pas pour tout l’or du monde », conclut-elle.