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Jusqu'à 200 000 $ pour déménager : le plan de Québec jugé insuffisant par le maire de Gatineau

Guillaume St-Pierre | Agence QMI

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Le programme d’aide aux sinistrés des inondations annoncé par Québec est jugé insuffisant par le maire de Gatineau, une des principales municipalités touchées par les crues des dernières années.

De passage à Gatineau lundi, le premier ministre François Legault s'est engagé à rembourser les sinistrés le plus rapidement possible. Il ne sera plus nécessaire, par exemple, d’exécuter les travaux avant d’envoyer la facture à Québec.

«Ce qu’on veut, c’est d’y aller sur une base d’estimations des dommages et d’être capable d’avancer l’argent rapidement, en quelques mois», a affirmé le premier ministre en mêlée de presse.

M. Legault a aussi détaillé le plan d'aide aux sinistrés de la province. Le régime d’indemnisation de Québec prévoit un montant cumulatif de 100 000 $ en réclamations. Une fois ce montant atteint, Québec offrira aux sinistrés jusqu’à 200 000$ pour les inciter à déménager et payer pour la démolition.

 

«On ne veut pas gaspiller l’argent des contribuables québécois et imposer aux gens de revivre ce genre de drame tous les deux, trois ans», a ajouté le premier ministre.

Le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, estime que ces montants ne permettraient pas à toutes les personnes touchées de se refaire une vie ailleurs.

«On ne veut pas que les gens quittent en se ruinant, en perdant l’investissement d’une vie, a-t-il souligné devant les journalistes, flanqué de M. Legault. En ce moment, le 200 000 $ peut être fonctionnel, mais il ne fonctionnera pas pour tout le monde.»

Les deux élus ne semblent pas non plus être sur la même longueur d’onde à ce qui a trait à une solution à plus long terme pour éviter les inondations à répétitions.

Le maire de la municipalité de quelque 285 000 habitants estime que les autorités doivent envisager l’idée d’isoler certains quartiers à l’aide de digues au lieu d’inciter les gens à partir. C’est ce qu’on fait certaines villes européennes, a plaidé le maire.

«Il y a un coût à garder les gens, mais il y a un coût aussi à leur demander de s’en aller», croit M. Pedneaud-Jobin.

Le premier ministre Legault a soufflé le chaud et le froid sur la suggestion du maire.

«Si on est capable de sauver des quartiers, on va le regarder, mais je ne suis pas certain que c’est toujours faisable», a réagi M. Legault.

Le maire Pedneaud-Jobin s’inquiète aussi qu’en incitant des gens à déménager, le plan de Québec transforme des quartiers en fromage «gruyère».

Ce dernier souhaite «s’assurer» qu’à plus long terme, ces quartiers soient «protégés des inondations», tout en formant des «communautés humaines intelligentes».

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