/finance/homepage

La STQ fonctionnera davantage comme une société d’État

Alain Laforest | TVA Nouvelles

Les façons de faire à la Société des traversiers du Québec (STQ) vont changer s’engage son nouveau PDG par intérim, Stéphane Lafaut.

Les ratés des traversiers F.-A. Gauthier et de l’Apollo cet hiver amènent l’ancien sous-ministre au ministère des Transports à vouloir changer les façons de faire.

«C’est certain qu’on ne peut pas dire que l’épisode des derniers mois fait partie des faits les plus glorieux de la STQ. Je ne pense pas que ça montre l’image réelle de la société», a-t-il affirmé en entrevue à TVA Nouvelles.

 

L’ex-général dans les Forces armées canadiennes qui s’est retrouvé à la tête de la STQ à la fin du mois de janvier a déjà mandaté des firmes pour revoir les méthodes de gestion.

«Je ne vous cacherai pas qu’il va y avoir des ajustements à la STQ. Ce que je veux, c’est qu’on passe de l’opération de traverses, à la gestion d’une société d’État, c’est vers là que j’ai demandé à l’équipe de s’orienter», a-t-il expliqué.

«En se basant sur l’expertise, la qualité des gens que j’ai, on veut rebondir, puis on veut se transformer pour être plus efficace de gérer la société comme elle mérite de l’être.»

Hiver à oublier

La Société des Traversiers du Québec transporte annuellement 5 millions de passagers et 2,1 millions de camions et de voitures.

À la suite de problèmes majeurs avec le F.-A. Gauthier, la STQ a acheté l’Apollo de la société Labrador Marine.

À ce jour, la STQ a déboursé 3,5 millions de dollars pour un navire qui a effectué une vingtaine d’aller-retour entre Matane et Baie-Comeau.

En mars, un des enquêteurs du Bureau de la sécurité des transports (BST) se disait surpris de voir un tel navire certifié avoir autant de problèmes de sécurité.

«Je pense que l’Apollo, un achat qui s’est fait de bonne foi, était un navire qui était déjà en opération par une société au Canada, qui avait ses certificats de navigabilité émis par Transport Canada et, qui était affecté à une traverse. C’était un navire qui était pleinement fonctionnel. On savait qu’on n’achetait pas une solution à long terme de toute façon», s’est exclamé le PDG par intérim.

Surpris par le constat émit pas le BST, il a ajouté qu’il ne commenterait pas cela.

«Mais moi, dans les circonstances je me devais de prendre des décisions. Et lorsqu’on a des commandes qui refusent de répondre, c’est assez! J’ai décidé de le mettre au rancart.»

L’Apollo frappe deux fois le quai

La première fois que l’Apollo a heurté le quai de Godbout, il s’agissait d’une erreur humaine reconnait Stéphane Lafaut.

Il confirme qu’un de ses capitaines a eu une trentaine d’heures de formation avec l’ancien armateur, un savoir qu’il a transmis aux autres capitaines qui effectuent la liaison maritime entre le Bas-St-Laurent et la Côte-Nord.

Le deuxième accident aurait pu avoir des conséquences plus graves selon M. Lafaut.

«On regarde plus du côté de la défectuosité technique. À la dernière minute, les commandes du navire n’ont pas répondu et le capitaine a pris des décisions de derniers recours jusqu’à mettre l’ancre dans le port», a-t-il détaillé.

L’avenir de l'Apollo

Le PDG par intérim de la STQ n’a pas l’intention de se débarrasser de n’importe qu’elle façon de l’Apollo qui est amarré dans le port de Québec depuis la fin mars.

«Si on a des projets, des entrepreneurs, des armateurs qui veulent utiliser le navire, on va regarder ça. Mais on veut des garanties, parce que la dernière chose qu’on veut voir, c’est l’Apollo qui est éventuellement échoué sur une plage d’un pays en développement et qui fait de la pollution, on ne veut pas ça», a-t-il fait savoir.

«Si on le vend pour la ferraille, on va récupérer une certaine somme, mais il y a des coûts reliés à la démolition d’un navire», a souligné Stéphane Lafaut, qui estime qu’il encore un potentiel de vente et qu’aucune décision n’a pas encore été prise.

Le F.-A. Gauthier de retour sur le fleuve en août

La STQ a obtenu 80 millions de dollars dans le premier budget Legault pour l’acquisition de navires.

Trente-neuf millions ont été utilisés pour l’achat du «Saaremaa» qui viendra assurer la relève jusqu’au retour du Gauthier.

La STQ a prévu investir de cinq à six millions supplémentaires dans le nouveau traversier afin de le mettre aux normes canadiennes.

«Le Saaremaa est un navire moderne, un navire de 10 ans qui se rapproche du Gauthier en terme de capacité. On va se doter d’une capacité de relève, chose qu’on n’avait pas avant», a soutenu M.Lafault.

Des recours pour le F.-A. Gauthier

Le F.-A. Gauthier, qui a fait aussi couler beaucoup d’encre à la suite de nombreux problèmes, fait l’objet d’une révision en profondeur au chantier maritime Davie.

Stéphane Lafaut n’écarte pas d’avoir recours aux tribunaux même si le navire de fabrication italienne n’est plus sous garantie.

«Grosso modo, le Gauthier c’est un navire performant», a indiqué le PDG par intérim de la STQ, sans vouloir dévoiler les sommes qui ont été engagées jusqu’à maintenant par Québec pour les réparations.

«On est assuré pour ça, mais on va voir qui a la responsabilité de quoi. Je ne veux pas commencer à dire qui est responsable ou commencer à avancer des pistes. Est-ce que c’est nous, est-ce qu’il y a quelque chose qu’on à pas fait, est-ce que c’est la conception des propulseurs, pour l’instant on n’a pas trouvé la cause exacte», a-t-il conclu.

Dans la même catégorie