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Pas de sanctions contre le maire de Hampstead et la conseillère municipale d’Anjou

Yves Poirier | TVA Nouvelles

La Commission municipale du Québec (CMQ) juge qu’elle n’a pas le pouvoir de sévir contre le maire d’Hampstead, William Steinberg, et la conseillère municipale de l'arrondissement d'Anjou Lynne Shand pour les propos controversés qu’ils ont tenus.

Dans un communiqué émis vendredi, la Commission explique qu’au terme de l'analyse de recevabilité de plaintes reçues concernant les propos du maire de Hampstead et de la conseillère d'arrondissement d'Anjou, «la Direction du contentieux et des enquêtes de la Commission municipale du Québec conclut aujourd'hui que la Commission n'a pas juridiction pour sanctionner les comportements reprochés à ces élus, puisque les règles déontologiques prévues à leurs codes respectifs et adoptés par les municipalités concernées ne prohibent d'aucune manière ces comportements».

«Il importe de noter que cette conclusion ne concerne que la recevabilité des deux dossiers. En aucun cas, elle ne peut constituer un jugement, un avis ou une opinion de la Commission sur l'acceptabilité des propos eux-mêmes», a-t-on précisé dans le communiqué.

Rappel des événements

Le 5 avril dernier, le maire de Hampstead, William Steinberg, avait affirmé, au sujet du projet de loi sur la laïcité du gouvernement Legault, que c’était «une tentative pour déplacer ceux qui pratiquent des religions minoritaires, pour faire place aux non-croyants et aux chrétiens au Québec».

«Ceci est du nettoyage ethnique. Pas avec une arme à feu, mais avec une loi», a ajouté le maire William Steinberg. «C’est raciste et méprisable», avait ajouté le maire de Hampstead.

Malgré les pressions de nombreux politiciens, le maire de la petite municipalité n'a toujours pas présenté ses excuses. Il a toutefois admis que ses paroles avaient pu blesser des gens, mais a juré que cela n’était pas son intention.

«Lors de la conférence de presse vendredi dernier, j’ai précisé clairement que JE NE PARLAIS PAS DE GÉNOCIDE comme au Rwanda ou en Serbie. J’ai aussi clairement indiqué que je ne parlais pas de violence et j’ai expliqué comment le projet de loi 21 amènerait moins de membres de minorités religieuses à s’installer au Québec et que ceux qui sont déjà ici s’en iraient. Je comprends que ces mots sont pénibles à entendre pour certains et je n’avais aucunement l’intention de blesser qui que ce soit. Je tenais simplement à faire voir aux gens les effets d’un projet de loi odieux. Parfois, il faut des mots forts pour ouvrir les yeux sur la réalité», a écrit le maire Steinberg sur sa page Facebook.

Dans un message publié au cours du week-end du 23 au 24 mars dernier, la conseillère municipale d’Anjou, Lynne Shand, disait craindre «l'islamisation du pays» après s'être plainte d’avoir été traitée, lors d’une consultation d’urgence avec une spécialiste en ophtalmologie, par une personne qui portait le hijab.

«Hier j’ai dû subir un examen ophtalmologique d’urgence. Qui était l’ophtalmologue? Une femme voilée... Grrr... si ce n’était pas de l’urgence, j’aurais refusé de me faire traiter par elle... je rage, car c’est vraiment de l’islamisation de notre pays», pouvait-on lire sur sa page Facebook.

Quelques jours plus tard, Mme Shand s’était excusée.

«Je me suis exprimée sur Facebook sans réfléchir, sans discernement, et m’en prenant stupidement à une femme hautement respectable. J’ai tout mélangé. Craindre une remontée du pouvoir religieux dans une société est une chose. S’en prendre à une communauté et une personne est injustifiable. Si vous me passez l’expression: ''tout est sorti tout croche''. Je tiens à remercier cette femme médecin pour la qualité des soins qu’elle m’a prodigués. Qualité que je n’ai jamais remise en cause. Je m’excuse sincèrement auprès d’elle pour mes propos», avait expliqué Mme Shand.

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