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Incolores et inodores, elles menacent la santé des sinistrés

TVA Nouvelles

En inondant les maisons des sinistrés, les eaux charrient leurs lots de détritus et de contaminants et exposent les citoyens à de nombreux microbes. Puis, une fois que les propriétaires ou locataires auront réintégré leur domicile, des moisissures pourraient y proliférer si le nettoyage et les travaux ne sont pas faits correctement.

«Les matériaux ont été imbibés durant plusieurs heures, voire semaines. Tout ce qui est biodégradable, le gypse, le bois, les tissus, les matelas, les tapis, c’est irrécupérable. Il faut éviter de les récupérer pour faire des économies de bout de chandelle, car les champignons vont s’y installer», explique le microbiologiste et président d’EnvironeX, Marc Hamilton.

Même si les moisissures sont indétectables à l’œil, M. Hamilton y va d’une capitale mise en garde. «Elles sont inodores, incolores et même si vous avez repeinturé les murs, vous allez avoir des problèmes de santé. Les champignons peuvent avoir des conséquences assez graves sur les sinistrés.»

Double contamination

Les eaux peuvent aussi être contaminées par des bactéries fécales puisque les égouts ont pu refouler lors des crues. «La contamination bactérienne est donc double: pathogènes et moisissures peuvent circuler en zone sinistrée», précise le microbiologiste. «Les gens peuvent s’autocontaminer» en manipulant des matériaux, des sacs de sable, etc.

Le président d’EnvironeX recommande fortement aux Québécois sinistrés de retirer tous les matériaux mouillés et salis, de bien désinfecter et assécher leur maison où les «problèmes y seront considérables».

Sinon, l’eau demeurera dans les matériaux et quelques semaines ou mois plus tard, «les moisissures apparentes ou pas créeront des problèmes pulmonaires, des allergies et même des problèmes qui peuvent affecter votre système nerveux central», avertit M. Hamilton.