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La fillette de 7 ans aurait été attachée et bâillonnée pendant des heures

Valérie Gonthier et Alex Drouin | Journal de Montréal

Une jeune fille de sept ans de Granby qui aurait été ligotée et bâillonnée avec du ruban adhésif pendant de longues heures a succombé à ses blessures en fin de journée hier, quelques heures après la mise en accusation de son père et de sa belle-mère.

L’enfant a été ­­trouvée dans un état pitoyable par les policiers lundi midi. Elle avait auparavant passé plusieurs heures enfermée dans sa chambre, avec les membres attachés, a-t-on appris. D’ailleurs, à l’arrivée des premiers répondants, du ruban adhésif aurait été trouvé dans la pièce.

Selon les premières informations, c’est parce qu’elle était trop agitée que la petite aurait été attachée et bâillonnée. La fillette était mal en point lorsqu’elle a été amenée à l’hôpital.

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Ce sont les enquêteurs des crimes contre la personne de la Sûreté du Québec qui ont pris en charge l’enquête.

Le père et sa conjointe, dont l’identité est protégée par une ordonnance de non-publication, ont ensuite été arrêtés. L’homme de 30 ans et sa conjointe ont comparu au palais de justice de Granby hier, et sont accusés de séquestration.

La femme de 35 ans fait aussi face à une accusation de voies de fait grave contre l’enfant. Maintenant que la victime est décédée, la nature des accusations pourrait changer.

Milieu dangereux

Avant de succomber, la petite a passé plus de 24 heures dans un état critique à l’hôpital.

«J’essaie de l’encourager, elle n’a aucune réaction cérébrale. Je lui flatte les cheveux, mais elle n’a aucune réaction», a confié plus tôt hier l’oncle de l’enfant, qui était à son chevet.

Ce dernier a d’ailleurs ajouté être inquiet pour l’enfant dans les derniers temps.

«On savait que c’était dangereux de la laisser là-bas. On n’aurait jamais cru que ça irait à ce point», a-t-il admis.

Plusieurs proches auraient d’ailleurs récemment tenté de sortir la petite de la résidence, craignant pour sa santé, selon Karine Darcy.

Cette dernière, de l’organisme Aide, conseils et assistance aux familles québécoises, a soutenu deux proches de l’enfant qui espéraient en obtenir la garde.

«On était plusieurs à livrer cette bataille, mais on n’a pas réussi. C’est un échec. On ne voulait pas que ça se termine ainsi», a-t-elle laissé tomber, émue.

Enfant déjà violentée

Depuis quelques semaines, la petite aurait cessé d’aller à l’école, selon certains membres du voisinage.

«Ils ne sortaient jamais de leur maison et on voyait rarement les enfants jouer dehors», a ajouté une voisine.

Lors de la brève comparution hier, la Couronne s’est opposée à leur libération. Les accusés se sont aussi fait interdire d’entrer en contact avec leurs autres enfants. Le père était alors en pleurs. Sa conjointe est plutôt restée stoïque.

Par ailleurs, la femme s’en serait déjà prise physiquement à l’enfant, a-t-on appris. En 2018, elle avait été reconnue coupable de voies de fait contre la petite et avait obtenu une absolution.

– Avec la collaboration de TVA Nouvelles et de l’Agence QMI

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