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Les conservateurs hésitent à faire chiffrer leurs promesses électorales

Émilie Bergeron | Agence QMI

The Canadian flag is seen half mast on the Peace Tower

Andre Forget/QMI Agency

Tous les partis politiques fédéraux ont manifesté, jeudi, leur intention de faire chiffrer les coûts de leurs promesses électorales par le directeur parlementaire du budget, sauf les conservateurs.

Le directeur parlementaire du budget (DPB), considéré comme le chien de garde des finances du fédéral, scrutera bientôt à la loupe les engagements des formations politiques qui en feront la demande.

À compter du 23 juin, cet agent indépendant du Parlement consacrera son temps à répondre aux partis qui lui demanderont d’estimer les coûts des mesures qu’ils proposeront aux électeurs en campagne électorale.

Une fois chaque promesse annoncée par le parti qui en est l’auteur, l’analyse du DPB sera accessible aux électeurs sur le web.

«Le fait de chiffrer de façon indépendante et non partisane les promesses électorales mènera à une meilleure information et contribuera à renforcer la confiance des électeurs dans le processus politique», estime le DPB, Yves Giroux.

Les libéraux, qui ont attribué ce nouveau mandat au chien de garde des finances, soumettront à cet examen l’entièreté des mesures qui figureront dans leur plateforme électorale.

«Ça donne une vision externe, totalement neutre et extrêmement crédible aux yeux des Canadiens», a dit le ministre du Patrimoine, Pablo Rodriguez, qui pilotera la campagne électorale pour les libéraux au Québec.

Les néodémocrates, les verts, les bloquistes et le Parti populaire du Canada - récemment fondé par l’ex-conservateur Maxime Bernier - ont tour à tour confirmé, jeudi, qu’ils avaient aussi l’intention d’avoir recours au DPB. Certains feront passer en revue l’ensemble de leur plateforme et d’autres, quelques mesures ciblées.

Seul le Parti conservateur d’Andrew Scheer a refusé de dire, jeudi, s’il allait faire valider ses propositions par Yves Giroux et son équipe d’économistes et de comptables.

«Nous travaillons à l’élaboration de notre plateforme et c’est notre priorité à l’heure actuelle», s’est-on contenté d’indiquer par courriel.

La formation politique a décliné la demande d’entrevue de l’Agence QMI sur cette question. Le député conservateur Pierre Poilievre avait toutefois déjà manifesté des réticences, en novembre, à faire des demandes d’estimations de coûts au DPB.

En entrevue au quotidien «The Globe and Mail», il avait dit s’inquiéter que des informations privilégiées fuitent et se retrouvent entre les mains de libéraux.

Le néodémocrate Guy Caron admet avoir aussi songé à ce risque de coulage, mais se dit rassuré par le fait qu’aucun document du DPB, à sa connaissance, n’a fait l’objet de fuites par le passé.

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