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Sacrifier son enfant sur l’autel de la perversité

TVA Nouvelles

Pourquoi un parent laisse-t-il son nouveau conjoint humilier, violenter même martyriser son enfant, la chair de sa chair? Son amour pour la nouvelle personne de sa vie est-il plus fort que celui pour sa propre progéniture?

C’est ce qui semble s’être produit à Granby alors que la mort d’une fillette de 7 ans met en lumière les mauvais traitements qu’elle aurait subis chez son père qui en avait la garde légale et chez sa belle-mère.

Depuis hier, des proches du père ont laissé entendre qu’il avait des troubles de santé mentale et des problèmes à gérer son agressivité. Il a aussi été rapporté que sa nouvelle amoureuse, la belle-mère de la fillette, aurait déjà été accusée par le passé de voies de fait sur la gamine sans que la fillette soit retirée de son milieu.

«Un père de famille ne s’évalue pas toujours à sa juste valeur, ça ne l’empêche pas de vouloir avoir ses enfants. Il a une nouvelle conjointe et il veut reconstituer une partie de sa famille ou ce qu’il en reste. Il veut réparer», avance le psychologue, Hubert Van Gijseghem.

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Troubles mentaux

Ce dernier n’a jamais rencontré le père et ne l’a pas non plus évalué, il en va de suppositions tirées de son expertise psycholégale.

«Le père est-il aux prises avec un trouble mental, une grande immaturité, une carence affective qui fait qu’il n’arrive pas à voir les choses. Je ne sais pas, je ne l’ai pas vu, mais personne ne l’a évalué apparemment», formule  M. Van Gijseghem.

Le père de la petite victime était-il prêt à tout endurer de sa nouvelle conjointe, à fermer les yeux sur les innommables sévices qui auraient été faits à sa fille par désir de ne pas être seul, d’être aimé, de vivre ce qui a les apparences d’une vie normale?

«Qu’est-ce qui s’est passé dans la tête du père? Est-ce que son allégeance est plus grande envers sa conjointe? C’est fort possible, car on le voit souvent», appuie le psychologue.

La femme de 35 est d’ailleurs accusée depuis mardi de voies de fait graves contre l’enfant et le père de séquestration.

Père témoin?

«Le père a nécessairement été témoin de tout ça (les mauvais traitements). Ce n’est pas ici un cas de bébé secoué qui est souvent un geste impulsif, ponctuel, il y a récurrence de la maltraitance physique. Cette femme-là a été condamnée, il y a deux ans, et il lui fait confiance. C’est sûr qu’il a un sacré problème», lance M. Van Gijseghem.

Le psychologue qui a écrit de nombreux rapports pour le tribunal lors de procès a une formule dure et poignante pour expliquer des gestes inadmissibles et incompréhensibles.

«Des parents sacrifient leur enfant sur l’autel de la perversité de leur conjoint. On voit ça souvent», se désole le psychologue.