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Un printemps tardif qui décourage même les ours

Isabelle Tremblay - Le Journal de Québec

Courtoisie

Le réveil est difficile pour des ours noirs du Zoo sauvage de Saint-Félicien, en raison du printemps tardif, du temps froid et de l’imposant couvert de neige au sol.

Trois, parmi la vingtaine de bêtes qui vivent en semi-liberté dans le Parc des sentiers de la nature du site touristique du Saguenay–Lac-Saint-Jean, sont toujours en hibernation. Généralement, ils commencent à sortir progressivement de leur tanière à la mi-mars.

« Nous avons encore des nuits froides. Ils préfèrent rester réfugiés plutôt que de se pointer le bout du nez », affirme la biologiste Christine Gagnon, directrice en conservation et éducation au Zoo sauvage.

« Normal »

Elle qualifie de « normal » ce genre de phénomène lorsque le printemps se fait attendre.

« Ce sont des choses qui arrivent. Il y a 120 % plus de neige au sol qu’à l’habitude dans notre région. Il est plus difficile pour eux d’avoir accès à de la nourriture », poursuit Christine Gagnon.

Elle ajoute que les ours peuvent parfois se réveiller pour tâter le terrain et retourner dans leur caverne par la suite.

Dans le cas contraire [printemps hâtif], la biologiste précise que les ours se réveillent parfois un peu plus tôt. « Ça se fait naturellement. Lorsque l’animal est prêt, il sort de sa tanière. Il faut prévoir plusieurs jours pour qu’il relance son métabolisme », explique la gestionnaire.

La période d’hibernation débute généralement en novembre. « Dans les semaines précédentes, l’ours creuse sa tanière et il mange beaucoup pour se faire une réserve de graisse », mentionne Christine Gagnon.

Lorsqu’il s’endort, sa respiration devient plus lente, sa température corporelle baisse de quelques degrés et les battements de son cœur diminuent. Durant l’hiver, il ne s’alimente pas, n’urine pas et ne défèque pas.

La mouffette s’est trompée

Depuis une vingtaine d’années, le Zoo sauvage de Saint-Félicien participe au jour de la marmotte avec l’un de ses pensionnaires, Ernest la mouffette.

Le 2 février dernier, la petite bête n’a pas vu son ombre, ce qui signifie qu’elle a prédit un printemps hâtif.

« Elle s’est trompée pas mal cette année. Selon les statistiques que nous tenons, Ernest a raison six fois sur dix », constate Christine Gagnon.