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Besoin criant de main-d'oeuvre et nombreux dossiers en attente à la DPJ

TVA Nouvelles

Le problème des dossiers en attente à la Direction de la protection de la jeunesse n'est pas unique à la région de l'Estrie. C'est en Montérégie que la situation est la pire.

«En date d'aujourd'hui, on est à 598 dossiers, donc 598 enfants qui attendent d'être évalués», explique Catherine Lemay, PDG adjointe du CISSS de la Montérégie-Est.

Le Centre jeunesse de la Montérégie n'a jamais eu autant de signalements d'enfants qui ont culminé à 15 000 durant la dernière année, une hausse de 16% par rapport à l'année précédente.

«Tous les enfants dont la situation est urgente à évaluer n'attendent pas», assure Mme Lemay.

Dans les autres cas, la DPJ va relancer la personne à l’origine du signalement et s’adresser aux personnes proches de l’enfant.

Une centaine d'intervenants ont la délicate mission d'évaluer tous les cas, mais n'y arrivent pas pour le moment.

Il faudrait davantage de criminologues, de psychoéducateurs et de travailleurs sociaux. Actuellement, il en manque 20 seulement en Montérégie.

«Mon défi, c'est de trouver les professionnels requis pour pouvoir occuper ces postes-là», ajoute Mme Lemay.

«Les conditions de travail se sont dégradées. Et malheureusement, il faut justement en arriver à peut-être plus valoriser le travail, à rendre le travail plus attrayant parce qu'il y a des gens qui ont vraiment les enfants à cœur», affirme Fabienne Chabot, représentante nationale de l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux.

Ils sont rares à pouvoir faire face à la détresse des enfants. Une intervenante, qui préfère ne pas être identifiée pour sa sécurité, a accepté de témoigner de sa réalité.

«On travaille avec de l'agressivité. On travaille avec des parents qui ne souhaitent pas nous laisser entrer. On travaille avec des enfants très vulnérables», explique-t-elle.

Elle doit gérer jusqu'à 14 dossiers à la fois et estime pouvoir évaluer celle d’un enfant en moyenne en 45 jours.

Depuis huit ans, elle a sauvé de nombreux enfants victimes de négligence de toutes sortes. Elle a malgré tout peur d’en échapper.

«Quand on gère au quotidien des enfants, quand on gère au quotidien du risque, quand on gère au quotidien des êtres humains, l'erreur peut être drôlement fatale. Et dans ce cas-ci, c'est ce qu'on porte en tant qu'intervenant, tous les jours», conclut-elle.

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