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Des policiers payés pour surveiller des cônes

Daphnée Hacker-B. | Journal de Montréal

Lors du retrait des cônes, une patrouille de la SQ accompagne le convoi de balisage, comme on le voit sur cette photo. Un autre véhicule de police, pour lequel paye le transporteur exo, ralentit la circulation dans le sens opposé pour assurer la sécurité des travailleurs.

Agence QMI, Joël Lemay

Lors du retrait des cônes, une patrouille de la SQ accompagne le convoi de balisage, comme on le voit sur cette photo. Un autre véhicule de police, pour lequel paye le transporteur exo, ralentit la circulation dans le sens opposé pour assurer la sécurité des travailleurs.

Les voies réservées aux autobus sur le pont Champlain sont délimitées par des cônes qui sont posés et retirés chaque jour. Non seulement ce système est archaïque, mais il pose des enjeux de sécurité au point que le transporteur public exo doit payer la police pour surveiller les opérations.

Dans un contrat public dévoilé dernièrement, on apprend que l’opérateur des autobus de banlieue exo a payé 210 000 $, en moins de deux ans, pour que la Sûreté du Québec (SQ) sécurise l’opération de retrait des cônes.

Traduction : un organisme public de transport collectif doit payer pour « louer » un service policier... à cause de l’aménagement broche à foin d’une voie réservée.

Et l’opération « cônes orange » coûte au total clairement plus cher. Premièrement, la présence de la SQ est jugée nécessaire depuis 2014, donc d’autres contrats semblables à celui mentionné plus haut ont été conclus dans le passé, et en plus, exo doit aussi payer un sous-traitant pour poser et retirer les cônes.

Donc on parle ici de centaines de milliers de dollars par année, potentiellement de millions de dollars.

Pire depuis 2014

Les voies réservées sur le pont Champlain, qui vont à contresens de la circulation, sont implantées depuis 1978. Personne n’a trouvé de meilleur moyen que les cônes pour délimiter la séparation avec les automobilistes... « Ça fait vraiment dur, clairement on aurait pu faire mieux », me confie un expert en aménagement routier.

Et en 2014, on a fait pire : une nouvelle bretelle d’accès au pont, du côté de Montréal, a créé tellement de confusion que des dizaines d’automobilistes s’inséraient dans la voie réservée aux autobus à contresens.

Un beau gros bordel quoi.

La SQ a alors été mobilisée pour gérer ce problème, en plus d’être impliquée dans la sécurisation du retrait des cônes...

Pourquoi faut-il payer la SQ ?

« Il n’y a pas de règles claires qui établissent les tâches qui entrent dans le mandat d’un corps policier, et celles qui font l’objet d’une facturation », explique le professeur en criminologie Massimiliano Mulone, de l’Université de Montréal.

La SQ n’a pas répondu à mes demandes d’information la semaine dernière. Mais au final, ceux qui payent pour ce bordel, c’est nous, les contribuables. Vivement la démolition du vieux pont Champlain !