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Les ventes de gin du Québec explosent

Elisa Cloutier | Journal de Québec

STEVENS LEBLANC/JOURNAL DE QUÉBEC

Le gin québécois n’a jamais été aussi populaire chez nous. Le nombre de permis pour l’ouverture de nouvelles distilleries est en constante augmentation au Québec, tandis que les ventes ont bondi de plus de 183 % en trois ans sur les tablettes de la SAQ.

La Société des alcools du Québec (SAQ) a d’ailleurs fracassé des records de vente de spiritueux québécois lors de la dernière période des Fêtes.

Intérêt croissant

Uniquement pour le mois de décembre dernier, la société d’État a enregistré une croissance de 24 %, pour une somme de 2,5 M$, dans ses ventes de gins québécois.

«L’arrivée de plusieurs gins québécois stimule la découverte des gens de chez nous de ce produit et augmente l’intérêt», explique la porte-parole, Linda Bouchard.

Selon la SAQ, le Québec serait d’ailleurs l’un des plus grands vendeurs de gin, toutes provenances confondues, au Canada. «Il y a un profil québécois qui est en train de se dessiner en ce sens», affirme Mme Bouchard.

Elle précise d’ailleurs que plusieurs producteurs sont actuellement en pourparlers avec la société d’État dans le but d’acheminer leurs produits sur les tablettes au cours des prochains mois.

Dans les trois dernières années, les ventes ont explosé pour ce produit, passant de plus de 12 M$ en 2016 à près de 35 M$ l’an dernier. Pendant cette même période, le nombre de gins québécois en vente à la SAQ est passé de 9 à 35.

L’année dernière, 21 nouvelles demandes de permis de distillerie ont été présentées à la Régie des alcools, des courses et des jeux (RACJ), alors qu’on en comptait 27 en 2017.

Quatre nouvelles distilleries

Signe que l’industrie du gin a le vent dans les voiles, quatre nouvelles distilleries ouvriront leurs portes au cours des prochains mois à Québec et Lévis (voir encadré).

De leur côté, les futurs propriétaires de la distillerie des Appalaches, qui ont récemment reçu une contribution financière de 80 000 $ de la Ville de Lévis pour le démarrage de leur entreprise, souhaitent notamment réaliser un gin et un rhum à base d’érable, à temps pour la prochaine période des Fêtes.

«C’est carrément la passion qui nous a amenés dans ce projet! , lance Dave Ricard, qui a laissé tomber sa carrière d’ingénieur pour se lancer dans la fabrication de spiritueux.

En vogue

«On remarque un engouement pour le gin. Dans tous nos établissements, on voit qu’il y a quelque chose qui se passe», affirme pour sa part Carl Desruisseaux, copropriétaire du London Jack, du Pub du Parvis et, prochainement, de la nouvelle Maison Livernois, qui s’installera dans les prochains jours sur la rue Saint-Jean.

Ils produiront ainsi leurs propres gins, en plus d’une vodka et d’un rhum épicé.

4 nouvelles distilleries

Maison Livernois Distillerie et pub

♦ Rue Saint-Jean, Québec (anciens locaux du Batinse)

4 Produits : deux gins, une vodka et un rhum, vendus exclusivement sur place

4 Ouverture : mi-mai 2019

4 Coût du projet : 400 000 $

Le Locker Distillerie

♦ Route 138, Saint-Augustin-de-Desmaures

4 Production du maïs prévue cet été sur une terre de 10 hectares

4 Produits : un premier gin prévu à la fin de 2019, un rhum et un whisky

4 Ouverture : été 2019

4 Coût du projet : 1 M$

Distillerie des Appalaches

♦ Route Lallemand, Lévis

4 Produits : gin fruité et rhum d’érable

4 Ouverture : fin juin 2019

4 Coût du projet : 400 000 $

Distillerie Stadaconé

♦ 2e rue, Québec

4 Produit : gin épicé

4 Ouverture : juillet 2019

4 Coût du projet : 1,4 M$