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L’impact financier d’une plus grande maison

Ghislain Larochelle | Journal de Montréal

Custom built luxury house in the suburbs of Toronto, Canada.

PhotoSerg - stock.adobe.com

Plusieurs premiers acheteurs envisagent l’acquisition de leur première maison comme un levier pour éventuellement en acheter une plus grande. Est-ce une bonne stratégie ?

Il y a plusieurs points à considérer, mais pour les besoins de l’analyse, abordons la question strictement d’un point de vue financier.

Prenons le cas fictif d’un jeune couple dans la vingtaine avec un jeune enfant, il planifie en avoir un deuxième au cours des prochaines années. La femme et l’homme sont propriétaires d’une petite maison payée 250 000 $ il y a quatre ans. Jugeant leur maison trop petite pour élever une famille de deux enfants, ils envisagent d’en acquérir une plus spacieuse, avec sous-sol aménagé, un garage et un plus grand terrain. De plus, ils souhaitent quitter leur quartier périphérique pour se rapprocher de leurs lieux de travail, plus près du centre urbain.

Leur choix s’arrête sur la maison de leurs rêves qu’ils peuvent acquérir au coût de 360 000 $.

L’impact hypothécaire

Peuvent-ils se permettre une telle acquisition ? Le couple entend utiliser l’équité de sa résidence actuelle pour financer une part de cet achat. La valeur marchande de sa maison s’est accrue de 3 % par année au cours des quatre dernières années, ce qui porte cette valeur à environ 281 300 $, soit une augmentation de valeur de 31 300 $. À cela s’ajoute l’équité accumulée par le couple, soit 27 504 $.

À la revente de sa première maison, le couple aurait donc théoriquement une somme disponible de 58 804 $ à investir dans cette deuxième maison. Toutefois, compte tenu des nombreuses dépenses additionnelles qui viennent avec l’achat d’une nouvelle propriété, il choisit de ne verser que la mise de fonds minimale requise de 5 %.

Autres frais

Outre l’hypothèque, le couple devra tenir compte des dépenses suivantes :

Frais de courtage (entre 4 % et 6 % de la valeur du prix de vente);

Déménagement (+ ou – 100 $ de l’heure);

Droits de mutation (3900 $ pour une maison de 360 000 $);

Prime d’assurance prêt (13 680 $);

Taxe de vente provinciale (TVQ) sur la prime d’assurance prêt;

Assurances (elles sont plus chères pour une plus grande maison);

Frais de chauffage accrus;

Frais de résiliation d’hypothèque (si rupture de contrat);

Achat de nouveaux meubles;

Rénovations.

À court et à plus long terme, l’achat de cette nouvelle maison coûtera plus ou moins 100 000 $ en frais divers. C’est sans parler de l’augmentation du paiement hypothécaire mensuel, qui viendra brasser leur budget.

Conseils

Utiliser l’équité de sa première maison pour en acquérir une plus dispendieuse n’est pas une mauvaise stratégie, à condition de le faire pour de bonnes raisons.

La ligne est parfois mince entre le désir et le besoin réel. Pour prendre la décision la plus éclairée possible, il est important de vous faire un budget.

Beaucoup de millionnaires mènent un train de vie modeste sans pour autant être moins heureux. La modestie est parfois l’option la plus payante sur le long terme. Le célèbre homme d’affaires Warren Buffet, qui possède une fortune nette de 77 milliards de dollars, vit toujours dans la même maison qu’il a acquise en 1958 au coût de 31 500 $.