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Pas de problème éthique, selon plusieurs membres du Sénat

Émilie Bergeron | Agence QMI

Andre Forget/QMI Agency

Des sénateurs croisés dans les couloirs du Sénat, lundi, ne voient pas de problème éthique au fait que plusieurs de leurs collègues occupent un deuxième emploi en plus de siéger à la Chambre haute.

«Ces gens-là ont tous déclaré qu’ils avaient un double-emploi. Il n’y a pas eu de cachette et j’imagine que le [conseiller] à l’éthique a approuvé ces travaux-là, donc moi je ne vois pas de problème», a dit le sénateur québécois Jean-Guy Dagenais.

L’ancien policier de la Sûreté du Québec s'investit entièrement à ses fonctions de sénateur, mais assure avoir confiance en ses collègues qui ont choisi autrement.

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Un sénateur sur cinq a un deuxième emploi

Notre Bureau d’enquête rapportait lundi matin qu’un sénateur sur cinq occupe un deuxième emploi même si le salaire pour siéger au Sénat s’élève à 150 000 $ par année. À la Chambre des communes, ce sont seulement 3,6 % des députés qui ont déclaré avoir un autre travail rémunéré, selon une compilation faite par le «Toronto Star» en avril.

La sénatrice Julie Miville-Dechêne croit que les sénateurs qui exercent des fonctions parallèles s’exposent à d’éventuels conflits d’intérêts. En entrevue avec le «Journal de Montréal», elle a plaidé pour que le code d’éthique des représentants de la Chambre haute soit modernisé.

«Je comprends très bien que ça peut soulever des questions, mais à mon avis et avec la connaissance de tous mes collègues [...] je n’ai aucun doute qu’ils abordent leur travail dans un esprit de dévouement et sans conflit d’intérêts», répond le sénateur indépendant Marc Gold.

Les sénateurs ont le droit d’avoir un double-emploi, mais doivent déclarer leur autre boulot au Bureau du conseiller sénatorial en éthique et s’assurer que celui-ci n’entre pas en conflit avec leurs fonctions sénatoriales.

Le sénateur Gold estime que les membres du Sénat sont en droit d’exercer une autre profession dans l’optique où ils ne seront pas forcément sénateurs jusqu’à 75 ans, l’âge obligatoire de leur retraite. À ses yeux, il est donc normal que ceux-ci préparent le terrain.

«C’est vrai qu’on est bien payés et que c’est un privilège de siéger au Sénat, mais pour plusieurs qui sont beaucoup plus jeunes que moi, ils auront peut-être une autre carrière après», a-t-il affirmé.

Pour David Richards, qui est romancier en même temps d’être sénateur, il aurait été impensable de délaisser l’écriture.

«Peu importe ce que j’allais faire [dans la vie], j’allais continuer d’être un écrivain, parce que j’en suis un depuis tout jeune. Je ne pense pas que je vais me débarrasser un jour de cette obsession.»

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