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Prendre soin des enfants est un projet de société

TVA Nouvelles

La mort de la petite fille de Granby dans des circonstances épouvantables où la détresse et la négligence auraient culminé en de mauvais traitements a secoué les Québécois, la classe politique et des travailleurs actuels et anciens de la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) qui a été montrée du doigt dans le dossier.

Danielle Tremblay qui a été à la tête de l’organisation durant 20 ans au Saguenay–Lac-Saint-Jean a senti le besoin de faire une sortie dans les médias.

Mme Tremblay oeuvre dans le milieu social depuis 1979 soit depuis l’avènement de la Loi sur la protection de la jeunesse. «Avec des milliers d’intervenants au Québec nous avons contribué à construire et développer le système de protection des enfants», explique à Mario Dumont celle qui a été directrice de la DPJ dans sa région de 2005 à 2015.

 

Danielle Tremblay a quitté la DPJ en 2015 au moment de la réforme du réseau de la santé et des services sociaux qui a «noyé les services de protection de la jeunesse, ainsi que les services sociaux en général, dans le vaste domaine de la santé.» «Or, les anciens Centres jeunesse étaient spécifiquement dédiés à la protection de la jeunesse et aux jeunes en grande difficulté», écrit-elle dans sa lettre ouverte ce matin dans Le Quotidien.

Mme Tremblay affirme aussi dans sa missive que les mesures d’austérité mises en place sous les libéraux «ont empiré la situation en coupant des postes et des ressources, tant dans les services de première ligne offerts en CSSS que dans les services de protection de la jeunesse, ainsi que ceux relevant des milieux scolaires et des services de garde».

Travail complexe et difficile

Avant de diriger la DPJ au Saguenay–Lac-Saint-Jean, Danielle Tremblay a travaillé durant 20 ans comme intervenante sociale sur le terrain. «Je sais de quoi je parle, c’est un travail extrêmement complexe, difficile. On ne travaille pas en science exacte. Quel est le bien pour cet enfant-là en particulier? Ce n’est pas toujours facile de démêler tout ça. C’est un travail de l’ombre, méconnu, on le voit dans les commentaires actuels.» Mme Tremblay fait bien sûr référence à la déferlante de propos qui ont entouré la mort de la petite fille de Granby.

Danielle Tremblay souligne qu’intervenir sur le terrain auprès des parents et des enfants alors où il y a «une crise dans la famille» demande une grande expertise. «Les intervenants ont besoin d’un grand soutien, de formation et d’avoir l’espace de réflexion nécessaire pour bien analyser la situation, d'être en équipe pour être en mesure de prendre les meilleures orientations possibles pour un enfant.»

Mme Tremblay insiste sur le fait de ne pas travaille en «silo». L’ancienne directrice de la DPJ formule un souhait, une demande en regard de la volonté du gouvernement d’ouvrir une grande réflexion sur l’avenir de la Direction de la protection de la jeunesse.

Danielle Tremblay propose de se pencher sur un avenir plus global des services sociaux et de tous les services qui gravitent autour des enfants.

«Il faut regarder les services scolaires, de garde, communautaires. C’est tous ensemble que l’on va protéger un enfant. Lors d’une intervention, la DPJ a rôle, un mandat. Nous devons tous en faire un projet de société, travailler tous ensemble comme citoyen. Nous avons tous des enfants autour de nous. Il faut leur offrir les meilleures conditions pour qu'ils puissent bien grandir», formule-t-elle.