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Une infirmière a volé plus de 8200 fioles dans trois hôpitaux

Claudia Berthiaume | Le Journal de Québec

Une infirmière qui a volé plus de 8200 fioles de narcotiques dans trois hôpitaux implore la clémence d’un tribunal, affirmant avoir commis ses crimes dans un contexte de violence conjugale.

«Je veux vraiment continuer comme infirmière, c’est ça que je veux faire dans la vie», a fait valoir Mélany Boucher, vendredi dernier, au palais de justice de Saint-Jérôme.

L’infirmière de 26 ans témoignait devant la juge Sophie Lavergne, dans le cadre des observations sur la peine à lui imposer pour des crimes commis en 2015 et 2016.

La jeune femme a plaidé coupable en septembre à des chefs de vol de plus de 5000 $, de possession de Dilaudid et de morphine, de méfait public et de possession de prescriptions contrefaites.

Son avocate, Rachel Chartrand, réclame l’absolution conditionnelle pour éviter à sa cliente d’avoir des antécédents judiciaires.

Boucher a dérobé 7743 fioles de deux puissants narcotiques lorsqu’elle travaillait à l’hôpital Pierre-Le Gardeur, à Terrebonne.

Confrontée par la direction, elle a affirmé avoir volé ces médicaments pour quelqu’un d’autre, qui lui mettait de la pression, jurant n’avoir aucun problème de consommation.

Gros mensonge

Elle a répété cette histoire aux policiers – qui ont entrepris une enquête les menant dans un cul-de-sac –, à ses proches ainsi qu’au Conseil de discipline de l’Ordre des infirmières du Québec, qui l’a condamnée à 12 mois de suspension.

Cette histoire était pourtant complètement fausse, a dit l’accusée au tribunal la semaine dernière.

Boucher a affirmé qu’elle vivait plutôt de la violence conjugale – dont un épisode extrême qui l’a menée aux soins intensifs – et qu’elle a consommé les narcotiques volés pour « mettre [son] cerveau en pause, ne plus penser à rien, [se] déconnecter de ça ».

20 fioles à la fois

Elle a dit à la magistrate qu’elle s’injectait jusqu’à 20 fioles de morphine ou de Dilaudid à la fois, et ce, jusqu’à quatre fois par jour. Une affirmation qui a fait sursauter Me Marie-Ève Beaulieu, de la Couronne, vu les quantités considérables.

Des proches de Boucher, qui ont témoigné lors de l’audience, n’ont remarqué aucun symptôme de consommation ou de sevrage, s’est étonnée la procureure.

Après avoir été congédiée par son premier employeur, elle a récidivé en volant une poignée de fioles à l’hôpital de Verdun, à Montréal, et 500 autres à l’hôpital Pierre-Boucher, à Longueuil. Elle a été suspendue 18 mois pour ce second délit.

La jeune femme a par la suite suivi une thérapie pour régler sa dépendance.

La Couronne plaidera le 23 mai.