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Des enfants défavorisés privés de collations à l’école

TVA Nouvelles

La réforme de la carte des secteurs défavorisés à Montréal fait en sorte que certains enfants plus démunis ne reçoivent plus les collations et les repas à 1$ auxquels ils avaient droit, déplore la présidente de la Commission scolaire de Montréal (CSDM), Catherine Harel-Bourdon.

Avec l’arrivée de familles plus aisées sur leur territoire, 15 écoles accueillant 2828 enfants ont perdu leur service de collations gratuites. À l’inverse, 13 écoles comptant 1446 élèves ont commencé à avoir droit à cette mesure.

«On voudrait que ce ne soit plus en fonction de la défavorisation de l’école, mais en fonction du statut socioéconomique des enfants et de tous les desservir», soutient Mme Harel-Bourdon, qui reconnait que le portrait de la pauvreté dans la métropole change.

La CSDM souhaiterait ainsi que tous les enfants vivant sous le seuil de la pauvreté, quel que soit le statut de leur école, puissent obtenir des collations ou des repas chauds à l’école.

«On peut être un enfant défavorisé dans une école d’un milieu un peu plus favorisé», fait remarquer la présidente de la commission scolaire en entrevue avec Mario Dumont sur les ondes de LCN.

Elle estime qu’il faudrait entre 12 et 15 M$ supplémentaires pour offrir un repas ou des collations à tous les jeunes défavorisés sur son territoire.

«C’est sûr que les enseignants vont vous le dire: ventre creux n’a pas d’oreilles, affirme Catherine Harel-Bourdon. Un enfant qui a faim, c’est très difficile d’être dans un processus d’apprentissage pendant la journée.»

Elle juge qu’il s’agit d’une mesure possible à mettre en place, mais que tout est une question de priorité.

«On a de l’argent pour baisser la taxe scolaire, on a de l’argent pour créer des maternelles au préscolaire, mais on n’a pas d’argent pour nourrir les enfants qui sont en situation de pauvreté, clame-t-elle. C’est questionnant.»