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Jagmeet Singh a inventé une poutine indienne

Élise Jetté | Agence QMI

Dominic Chan / Agence QMI

Le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD) Jagmeet Singh affirme que son intérêt pour le Québec ne s’est jamais démenti.

«J’ai quand même été un enfant d’immigrants qui a décidé d’apprendre le français dans une ville anglophone», a-t-il expliqué à Emmanuelle Latraverse dans son balado sur QUB radio.

«J’ai fait une recette de poutine unique avec des patates douces. Je mets le fromage en grains là-dedans dans une poêle en fonte et je fais un gravy de tradition pendjabi», a-t-il expliqué, en évoquant son affection pour le peuple québécois.

Il a fallu demander à s’asseoir sur une chaise pour l’entrevue, car le chef du NPD travaille debout dans son bureau. «J’essaie le plus possible de rester debout. Notre corps est développé pour être debout, pas sur les chaises», a-t-il affirmé d’emblée.

Amoureux de la langue française

Jagmeet Singh est tombé amoureux de la langue française grâce à un enseignant québécois. «Il m’a enseigné la réalité du Québec. Je suis sensibilisé aux problèmes des Québécois, la relation avec l’Église, le droit à l’avortement, les droits des communautés LGBTQ», a-t-il dit.

Premier politicien d’une minorité visible à diriger un parti fédéral, M. Singh est né en Ontario de parents qui ont immigré de la région du Pendjab en Inde.

Dans le balado «Emmanuelle présente...», il a rappelé l’histoire de sa famille: «Mon arrière-grand-père a lutté pour donner le pouvoir aux paysans. Il a fait la grève de la faim jusqu’à la mort. Il est connu comme un personnage de justice. Il est connu comme une grande personne de la révolution (indienne).»

Bâtir une société

Aîné d’une famille dont le père était malade, Jagmeet Sing a dû prendre des responsabilités tôt dans la vie. «Je me souviens des difficultés (que j’ai vécues) et des gens qui m’ont aidé», a-t-il confié.

Il affirme qu’il veut bâtir une société basée sur l’entraide. «Si quelqu’un à côté de nous fait face à un problème, on a un problème aussi. C’est une idée fondamentale de ma croyance sikhe et c’est ce qui m’a donné cette sensibilité de la gauche.»

À cause de son turban, Jagmeet Sing s’est attiré des commentaires négatifs et il a aussi subi de l’intimidation dans le passé lorsqu’il a laissé pousser sa barbe. «Les gens m’insultaient et m’attaquaient beaucoup. (Mais) la discrimination m’a donné une plus grande sensibilité. (...) Ça a toujours été une motivation pour moi pour bâtir une société inclusive où on célèbre les différences.»

Son turban continue à susciter des réactions. «Je prends ça comme un challenge. C’est mon travail de démontrer aux gens qui ne voteraient pas pour moi à cause de ça qu’ils ont tort.»