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Laïcité: les femmes qui refusent de se dévoiler au travail sont intégristes, selon Djemila Benhabib

Geneviève Lajoie | Journal de Québec

Les femmes qui refusent de se dévoiler au travail sont des intégristes, selon Djemila Benhabib. Invitée aux consultations sur le projet de loi 21 sur la laïcité de l’État, la journaliste et écrivaine a salué l’intention du gouvernement Legault d’interdire les signes religieux chez les employés de l’État en position d’autorité, notamment chez les enseignants.

Interrogée par le député solidaire Sol Zanetti, Mme Benhabib a précisé qu’elle n’avait rien à reprocher aux femmes qui font le choix de porter le hijab, mais qui acceptent de le retirer au travail. «(Mais) les femmes qui ont une vision absolutiste de la religion, c’est-à-dire qui n’acceptent pas d’enlever leur voile pendant leurs heures de travail et qui contestent la légitimité d’un État d’avoir des normes communes, oui celles-ci, ce sont des intégristes», a-t-elle répondu.

Charles Taylor s'est discrédité

Djemila Benhabib s’en est également pris à Charles Taylor. Selon elle, le philosophe qui a cosigné le rapport Bouchard-Taylor s’est discrédité en acceptant de participer récemment à un panel sur la laïcité en compagnie d’un imam controversé.

«Accepter de donner une conférence avec l’imam Ali Sobeity, qui est un imam identifié au Hezbollah, c’est un geste extrêmement grave pour un intellectuel de son envergure. C’est aussi un geste tout aussi grave d’aller donner une conférence au Centre Laurentien qui est la caisse de résonance des Frères musulmans», a-t-elle affirmé.

En avril, Charles Taylor a participé à une conférence au Centre communautaire musulman de Montréal pour parler du texte de loi caquiste. Le cheikh Ali Sobeity, un imam montréalais qui avait vu son passeport révoqué pour des raisons de sécurité nationale, était également au nombre des invités.

Il s’agit d’une grave erreur, selon Djemila Benhabib. «À mes yeux, ça entache beaucoup de sa crédibilité, c’est certain. Accepter de frayer avec l’islam politique, avec des représentants de l’islam politique ici au Québec, au Canada, je pense que c’est un geste grave», a-t-elle insisté, à l’Assemblée nationale.

Le philosophe est attendu lui aussi en commission parlementaire plus tard en journée.

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