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Transports électriques et intelligents: des règlements trop stricts pour permettre l'innovation

Camille Dauphinais-Pelletier | Agence QMI

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PATRICK GEORGES/24 HEURES/AGENCE QMI

Montréal et le Québec ont tout ce qu’il faut pour devenir des chefs de file en mobilité nouvelle, mais les règlements et politiques en place agissent comme un frein à l’innovation, selon un rapport publié lundi.

«Le domaine des transports est hautement règlementé et c’est normal: la sécurité des gens est en jeu. Mais il faut laisser de la place à l’innovation, sinon on ne règlera jamais les fameux problèmes du trafic et de l’émission de gaz à effet de serre», a résumé Sarah Houde, présidente et directrice générale de Propulsion Québec, un organisme qui a présenté le rapport conjointement avec la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM).

Selon Michel Leblanc, président de la CCMM, plusieurs entreprises québécoises pourraient s’épanouir sur le marché grâce à leurs véhicules électriques ou à leurs plateformes de mobilité partagée, mais sont bloquées par des processus d’appels d’offres trop sévères.

À la place de donner la priorité au soumissionnaire qui fournit ses véhicules au prix le moins cher, un appel d’offres pourrait par exemple prendre en compte les économies faites sur le long terme avec un nouveau type de véhicule, plus cher, mais qui nécessite moins d’entretien. Des véhicules récents dont la longévité n’a pas encore été démontrée pourraient aussi se qualifier. «Quand on est dans le domaine de l’innovation, nos pratiques doivent être différentes. Être des vitrines technologiques, ça veut dire admettre de prendre des risques», a souligné M. Leblanc.

Véhicules intelligents

Le développement des véhicules intelligents serait une occasion en or d’améliorer les politiques publiques, selon M. Leblanc.

«Quand on parle de développer des algorithmes, des produits, des capteurs, à Montréal, on a plein d’experts. Il faut juste qu’on puisse tester les produits éventuellement. Et, avec notre climat, on pourrait être l’endroit dans le monde où on teste les véhicules dans des conditions hivernales, être en synchronisation avec ce qui se fait en Californie», a-t-il donné en exemple.

M. Leblanc reconnaît que l’encadrement des véhicules intelligents impliquerait plusieurs défis. «Mais, si on attend, ça va être inventé et développé ailleurs et on va juste voir les effets déstructurants que ça aura sur l’économie d’ici», a-t-il dit.

Dizaines de recommandations

En se basant sur des expériences observées à l'international, le rapport émet des dizaines de recommandations.

Certaines impliqueraient d'importants remaniements, par exemple celle voulant que les projets pilotes impliquant des véhicules autonomes soient approuvés grâce à «un mécanisme d’approbation simple par un organisme responsable» plutôt que par un arrêté ministériel.

D'autres sont plus simples, comme la suggestion de modifier le Code du bâtiment pour rendre obligatoire l’ajout de filage permettant l’installation de bornes de recharge électrique dans les nouvelles tours à condos ou à bureaux.

«Quand on regarde les pays les plus performants en matière de transport électrique et intelligent, ce sont des pays où les politiques publiques font la différence. Ça revient toujours à ça», a insisté Mme Houde.