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Cité Angus: un écoquartier mixte en pleine gestation, avec un projet d'école en prime

Guillaume Picard | Agence QMI

ARG-IMMOBILIER-CITE-ANGUS

PHOTO COURTOISIE Société de développement Angus

La construction de la première phase de l’écoquartier mixte Cité Angus est en cours depuis quelques semaines, l’excavation du site étant bien engagée sur le lopin de terre voisin du parc Jean-Duceppe, dans l'arrondissement de Rosemont–La Petite-Patrie, à Montréal.

Jusqu’ici, 80 % des 120 unités ont trouvé preneurs dans cet ensemble résidentiel résolument vert et faisant la part belle aux familles avec ses dizaines de condos de trois chambres – et même quatre –, une denrée rare dans un marché où tout politicien qui se respecte répète à qui veut l'entendre qu'il est important de garder les familles en ville.

La livraison des premières unités est prévue à l'automne 2020. Quatre-vingts autres condos s’ajouteront dans une phase subséquente, de même que des résidences étudiantes (une centaine de studios) et des logements sociaux (85 unités).

Les bâtisses feront 20 mètres de haut, soit six étages, la volumétrie ayant été revue à la baisse après les complaintes de résidents vivant déjà dans le quartier à la suite de la présentation de la première mouture.

Boucle énergétique et récupération des eaux de pluie

Le reste de Cité Angus, qui sera dotée d’une boucle énergétique et qui récupérera les eaux de pluie, sera constitué d’espaces verts – 25 % du site, dont un boisé urbain – et de places publiques. Ces dernières seront liées par une voie de communication piétonne transversale, pourvue de commerces de proximité qui seront non seulement pris d’assaut par les résidents, mais aussi par les milliers de nouveaux travailleurs qui convergeront chaque jour sur le site, à terme, s’ajoutant aux 2800 qui sont déjà en poste dans le secteur Angus.

«Soixante-dix pour cent des unités ont été vendues pour un prix de 400 000 $ et moins, pour du trois chambres. On considère ça comme de l’abordable, car cela répond au Programme d’appui à l’acquisition résidentielle de la Ville de Montréal. Quand tu es une famille, tu peux avoir droit à une subvention de 10 000 $», a indiqué Marilou Hudon-Huot, chargée de développement, commerces et événement pour la Société de développement Angus, en entrevue avec l’Agence QMI.

Pour cet OBNL qui a piloté la métamorphose du Technopôle Angus ces 20 dernières années, Cité Angus est en quelque sorte la dernière étape pour compléter son œuvre. Elle est aussi la première portion à comprendre un volet résidentiel, les efforts ayant été consentis jusqu'ici à créer un pôle d’emplois – fait de services de proximité et de bureaux – et institutionnel, avec le CLSC Rosemont, depuis la fin des années 1990.

Une école pour la rentrée 2021?

Toutes ces familles qui vont s’établir à Cité Angus et tout autour mettent en lumière les besoins importants du quartier en matière d’éducation. Angus ne veut surtout pas devenir un deuxième Griffintown, où la question d’une école primaire fait beaucoup jaser, depuis une décennie, sans qu'aucune solution digne de ce nom n'ait été trouvée.

Ce qui retient maintenant l’attention du côté de Cité Angus, c’est bel et bien l’école primaire que le promoteur souhaite aménager sur le site, au coin de la rue Molson et de l’avenue du Mont-Royal Est.

Le ministère de l’Éducation va bientôt statuer à savoir si ce projet d’école sera retenu à sa toute première présentation. Les besoins étant grands dans plusieurs quartiers de la métropole, l’école projetée dans Cité Angus n’est pas nécessairement pour demain. Dans certains coins chapeautés par la Commission scolaire de Montréal (CSDM), il peut manquer jusqu’à 30 classes.

Dans Angus et ses environs, on parle plutôt d’un déficit d’une douzaine de classes que le projet d’école compris dans l’ilot de Cité Angus pourrait effacer avec ses 21 classes projetées, plus un gymnase double.

Toutefois, ces chiffres peuvent maintenant légèrement varier étant donné la perte de statut de défavorisation de l’école Saint-Jean-de-la-Lande, située sur le boulevard Saint-Joseph, à deux pas de Cité Angus.

Soulignons qu’il faut deux ans pour aménager une école, si bien que si c'est qui est prévue dans Cité Angus est autorisée dès cette année par le ministère, elle pourrait ouvrir ses portes à temps pour la rentrée de 2021.

Pour la première fois, c’est un promoteur qui construirait une école et la livrerait clé en main à la CSDM, en vertu d’une entente visant la vente de la bâtisse et du terrain par le promoteur.

«On en a tellement à faire, que quelques écoles soient réalisées dans des ententes comme ça, on pense que ça va accélérer la réalisation. On ajoute un modèle, car habituellement c’est nous qui construisons», a dit en entrevue avec l’Agence QMI la présidente de la CSDM, Catherine Harel Bourdon.

La Société de développement Angus n’a pas attendu le feu vert de Québec pour réfléchir à cet établissement, à l’heure du Lab-école. Elle a convié ces dernières semaines à un atelier de cocréation une trentaine de parents, des architectes et des spécialistes du milieu de l’éducation pour cogiter sur le meilleur projet d’école qui soit pour Angus.

«Le quartier ne sera pas juste pour y vivre, y travailler et s’y divertir, il va aussi viser les apprentissages avec l’école», a dit Pierre Choquette, vice-président communication et affaires publiques de la Société de développement Angus.

«La réflexion va au-delà des murs de béton. Quel genre d'école publique veut-on? [...] On souhaite que le projet soit sélectionné, on souhaite faire partie de la liste dès cette année. L’objectif, c’est de le faire le plus rapidement possible, car le quartier se développe beaucoup», a-t-il poursuivi.

Reproduire une recette gagnante

À l’heure où il reste un horizon de plus ou moins 10 ans pour achever le développement du quartier, la Société de développement Angus rêve déjà de reproduire son modèle ailleurs dans l’est de la métropole.

«On peut s’imaginer qu’on peut faire pareil dans l’est. On peut penser que ça peut être à proximité du fleuve Saint-Laurent ou dans un secteur comme Montréal-Nord, qui en a besoin», a dit Pierre Choquette, vice-président communication et affaires publiques de la Société de développement Angus.

Il précise avoir pris note, à l’instar de son équipe, de la volonté du gouvernement du Québec de doter l’est d’un système de transport structurant et de décontaminer des terrains en friche à fort potentiel de développement.