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Un gynécologue aurait agressé trois de ses patientes

Michaël Nguyen - Le Journal de Montréal

CHANTAL POIRIER

Une jeune femme qui aurait été agressée sexuellement par un gynécologue en plein examen médical a émotivement raconté mercredi la peur qu’elle a ressentie alors qu’elle n’avait que 19 ans.

« Je ne me sentais vraiment pas bien, j’avais peur de sa réaction si je lui demandais ce qu’il faisait, je ne savais pas quoi faire », a expliqué l’ex-patiente de Kamal Maraghi, mercredi au palais de justice de Montréal.

Maraghi, 77 ans, est un ancien gynécologue accusé d’agression sexuelle sur trois patientes, en 1990, 2006 et 2008. Il a été radié à vie il y a deux ans par le Collège des médecins pour son comportement « indigne ».

La première plaignante a raconté s’être présentée au cabinet de Maraghi en janvier 2008. Le médecin aurait commencé son examen, mais aurait vite commencé à faire des « mouvements de va-et-vient » à l’intérieur de sa cavité vaginale.

Il aurait ensuite posé des gestes à caractère sexuel évident, tout en posant des questions très intimes sur les préférences sexuelles de la femme.

« Je n’étais pas sûre que c’était correct, mais je me disais que c’était un docteur, qu’il savait ce qu’il faisait », a expliqué la femme, dont l’identité est protégée par le tribunal.

La femme a témoigné avec aplomb, mais a été ébranlée lorsqu’elle a été questionnée sur les conséquences des gestes de Maraghi.

« Essayez d’être aussi à l’aise que possible dans les circonstances, nous comprenons que ce n’est pas évident, mais c’est au cœur [du litige] », a dit avec empathie le juge Christian Tremblay.

Plainte

L’examen médical se serait terminé par une invitation de Maraghi à prendre un autre rendez-vous, mais « en fin de journée pour avoir plus de temps ».

Rapidement, la femme a porté plainte, mais elle dit avoir été découragée quand la police lui aurait dit que sa plainte serait difficile à traiter, puisque ce serait « sa voix contre la mienne », a-t-elle dit.

Elle a ensuite décidé de relancer sa plainte après avoir été contactée par le Collège des médecins..

Le procès, prévu pour huit jours, se poursuit jeudi. L’accusé est représenté par le criminaliste Pierre Poupart, tandis que le procureur Jérôme Laflamme officie pour la Couronne.