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«Prisonnière» de sa maison depuis le début des inondations

Caroline Lepage | Journal de Montréal

Journal de Montréal

Une dame âgée et malade, qui est aux prises avec des inondations pour la troisième année consécutive en Mauricie, n’est pas sortie de sa maison depuis presque un mois.

Monique Hubert refuse de quitter en chaloupe sa maison du lac St-Pierre Est, à Louiseville, alors que le secteur est inondé pour plusieurs semaines encore.

Depuis les crues printanières, la femme de 69 ans reporte ses rendez-vous médicaux parce qu’elle a de la difficulté à se mouvoir et souffre de douleurs physiques intenses.

«Je n’ai pas l’habitude de me plaindre, mais je suis au bout du rouleau. Je me sens en prison. Je pleure tous les jours», confie celle qui dit avoir reçu un diagnostic de fibromyalgie avancée, il y a 10 ans.

Mme Hubert comprend la détresse des sinistrés de Sainte-Marthe-sur-le-Lac, mais elle rappelle que de vivre des inondations répétées, sans la santé, est insupportable.

«L’eau contaminée m’affecte énormément. Mes yeux brûlent tout le temps», souffle-t-elle.

Monique Hubert et Gilles Morisset veulent quitter à tout prix leur maison de Louiseville en Mauricie même si elle vaut davantage que l'offre du gouvernement Legault.

Aucun acheteur

Cette ex-secrétaire médicale vit depuis 13 ans dans cette maison, avec son conjoint. Le couple, amoureux de la pêche, croyait emménager dans un paradis pour la retraite.

Avec l’arrivée de la maladie, le rêve s’est écroulé et ils ont mis la maison à vendre, il y a cinq ans. Comme la résidence est située dans une zone inondable, aucun acheteur ne s’est manifesté.

Le couple désespéré veut déménager d’urgence dans un condo à Trois-Rivières, sur la terre ferme, et ne plus jamais revivre d’inondation.

«Je vais embrasser l’asphalte comme le pape», commente Mme Hubert.

Les retraités voient le programme d’aide aux sinistrés du gouvernement Legault comme une planche de salut inespérée.

«Ce n’est pas à notre avantage de dire à nos résidents de s’en aller, mais quand on voit la détresse de certains, il faut aider les gens avant tout», avance le maire de Louiseville Yvon Deshaies, qui propose que Louiseville devienne la «municipalité-pilote» de ce programme d’indemnisation.