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Difficile de reconstruire la confiance envers la digue

TVA Nouvelles

Même si la digue de Sainte-Marthe-sur-le-Lac sera reconstruite, les résidents inondés craignent d’être inondés à nouveau dans les prochaines années.

Avec les programmes du gouvernement, certaines familles n'auront d'autres choix que rester dans le quartier inondé et de rénover. On leur avait dit que leur maison se trouvait dans une zone non inondable, mais le bris de la digue a ébranlé cette certitude.

C’est le cas pour Myriam, son conjoint Christian et les quatre enfants de cette famille recomposée, qui sont entrés ce samedi pour la première fois dans leur résidence qui a été inondée.

 

«Je ne reconnais plus ma maison», lâche Myriam Sabourin, en voyant son sous-sol éventré.

«C'est très difficile pour moi. J'ai grandi dans cette maison», dit une des enfants.

S’organiser

La maison a baigné dans l'eau durant 12 jours. L'eau est montée jusqu'au perron. L'eau s'est depuis retirée, mais pas le stress ni l'angoisse.

«On a une famille à nourrir, à loger. On avait des économies pour déjà penser à leurs études et tout. Ça, le 27 avril, c'est parti. Ça n'existe plus maintenant», témoigne Mme Sabourin.

 

En attendant de réintégrer sa résidence, la famille loue une maison, à 45 minutes de là où ils vivent normalement.

«C'est loin des écoles. Faut transporter, faut se lever tôt, faut organiser, détaille la mère de famille. Il y a toute une logistique pour les prochains mois. Ce n'est pas terminé.»

Reconstruire la digue... et la confiance

En vue de la reconstruction de la digue, Mme Sabourin et sa famille interpellent le gouvernement.

«Tous les citoyens de Sainte-Marthe ont vécu quelque chose qui va demander une réflexion, estime-t-elle. J'espère qu'elle va se tenir en nous considérant, pour qu'on ne rebâtisse pas quelque chose qui est à risque de se faire réinonder.»

Malgré l'annonce de la construction d'une nouvelle digue, revivre au même endroit l'inquiète.

«Rester avec ce doute, avec cette peur, avec le risque de revivre ça un jour, c'est difficile de le considérer», affirme Myriam Sabourin.

Mais malgré l'épreuve, la famille de six ne baisse pas les bras : la vie doit se poursuivre.

-D’après le reportage de Mathieu Belhumeur

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