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Femmes autochtones: des accusations de meurtre au premier degré automatiques?

Agence QMI

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Les homicides impliquant des femmes autochtones devraient être traités automatiquement comme des meurtres au premier degré.

C’est ce que réclame la commissaire en chef de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées, Marion Buller.

Devant un comité parlementaire cette semaine, cette dernière a milité pour que le système de justice soit plus sévère à l'égard des auteurs d'infractions contre les femmes, les filles et les personnes LGBT autochtones, selon le «National Post».

Pour la commissaire et ancienne juge en Colombie-Britannique, Ottawa doit prouver que la vie de ces femmes est valorisée.

Devant le comité sénatorial permanent des affaires juridiques et constitutionnelles, qui étudie le projet de loi C-75 sur la réforme le Code criminel, elle a proposé que dans les dossiers où la plaignante est une femme autochtone, les juges doivent considérer ce fait comme un facteur aggravant lors de la détermination de la peine.

«Rien de moins que cela ne protégera la sécurité des femmes, des filles et des membres des communautés autochtones, a-t-elle dit. Autrement, on considère que le système de justice pénale dévalorise davantage leur sécurité.»

En entrevue avec le «National Post», Marion Buller a souligné que sa recommandation concernant la détermination de la peine «aurait dû figurer dans le projet de loi C-75», tout en contestant l’idée que les changements puniraient de manière disproportionnée les hommes autochtones. Elle a rappelé qu’ils ne sont pas les seuls auteurs de violences à l’encontre des femmes autochtones.

Crie et membre de la Première nation Mistawasis en Saskatchewan, Marion Buller a été la première femme autochtone nommée juge de la Cour provinciale en Colombie-Britannique. Elle a travaillé comme avocate spécialisée en droit civil et pénal.

Rapport attendu

Rappelons que le rapport de l'Enquête nationale doit être déposé le 3 juin. Au cours de leur enquête, déployé en 2017 et 2018, les commissaires ont tenu 24 audiences publiques un peu partout au pays, qui ont permis d'entendre 1484 membres de famille et survivantes, ainsi que 83 experts.

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