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Les consommateurs épiés à leur insu dans les commerces

Pierre Couture | Le Journal de Québec

Agence QMI

La reconnaissance faciale gagne du terrain au Québec. Les consommateurs qui entrent dans les centres commerciaux et les commerces sont de plus en plus épiés à leur insu par des caméras.

«C’est un phénomène en pleine croissance et on se demande qui va pouvoir le freiner», signale le spécialiste informatique en sécurité de l’information, Steve Waterhouse.

Sans le dire ouvertement, de nombreux propriétaires de centres commerciaux et de commerces surveillent les moindres faits et gestes de leurs clientèles ainsi que leur humeur du jour.

Le groupe immobilier Oxford Properties, qui détient de nombreux centres commerciaux au Québec (dont le Quartier DIX30, les Galeries de la Capitale et les Promenades Gatineau) confirme avoir recours à des caméras qui utilisent la reconnaissance faciale. Bien dissimulées, les caméras sont localisées dans les babillards électroniques permettant de trouver l’emplacement des détaillants.

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Analyse de vidéo anonyme

Oxford Properties évite de parler de reconnaissance faciale, mais évoque plutôt une analyse de vidéo anonyme (AVA). «Oxford utilise cette technologie dite AVA dans tous ses centres commerciaux canadiens», a indiqué au Journal une porte-parole du groupe immobilier, Kathleen Michaud.

D’après Oxford Properties, aucune image n’est sauvegardée ni conservée. Cette technologie est simplement utilisée pour comprendre quel public cible fréquente ses centres commerciaux (genre et groupe d’âge approximatif), assure-t-on.

Chez Cadillac Fairview aussi, on filme les clients sans le leur dire. Le groupe immobilier, qui possède de nombreux centres commerciaux au Québec (Carrefour Laval, Promenades Saint-Bruno, Fairview Pointe-Claire et Galeries d’Anjou) utilise également des caméras.

«Nos centres commerciaux disposent actuellement de caméras de vidéosurveillance que nous utilisons pour assurer la sécurité du public», a fait valoir une porte-parole de Cadillac Fairview, Anna Ng.

Comme des hamsters

Plusieurs associations de consommateurs disent suivre avec intérêt le dossier de la reconnaissance faciale au Québec. «C’est extrêmement envahissant et inquiétant. Ils doivent nous informer lorsqu’ils nous filment et ils ne le font pas. Et que font-ils avec les données recueillies? Ils les revendent?» se questionne le président de la Coalition des associations de consommateurs du Québec (CACQ), Jacques St-Amand.

Selon ce dernier, «le consommateur actuel se retrouve comme un hamster dans une cage et il ne le sait pas», déplore-t-il.

La reconnaissance faciale permet de:

Connaître l’âge, le sexe et l’humeur des consommateurs

Repérer les téléphones intelligents

Cerner les comportements

Permet de mesurer l’achalandage

Permet d’ajuster les promotions

Permet de justifier les prix des loyers

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