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La maison d’un ingénieur reste au sec malgré la crue des eaux

Christopher Nardi | Le Journal de Montréal

L’ingénieur Marc Legault a réussi à protéger sa demeure des eaux montantes grâce notamment à des drains français et une couche de feuille de plastique, une méthode astucieuse qui fait l’envie de ses voisins près de la rivières des Outaouais à Gatineau.

photo Christopher Nardi

L’ingénieur Marc Legault a réussi à protéger sa demeure des eaux montantes grâce notamment à des drains français et une couche de feuille de plastique, une méthode astucieuse qui fait l’envie de ses voisins près de la rivières des Outaouais à Gatineau.

Un ingénieur a trouvé un astucieux système pour garder sa maison étanche alors qu’elle est quasiment engloutie par la rivière des Outaouais et assiégée par près d’un demi-mètre d’eau.

«On a décidé de rebaptiser la maison “l’île Legault”. Plus besoin d’aller en vacances pour être sur une île maintenant, ma résidence en est devenue une», lance en riant Marc Legault.

Pourtant, sa situation semble loin d’être drôle au premier coup d’œil. La résidence qu’il occupe depuis février est normalement à une dizaine de mètres de la rivière. Mais depuis le début de la crue des eaux, elle fait carrément partie du cours d’eau qui est sorti de son lit, inondant le voisinage.

Même les 50 derniers mètres de la rue qui mène à sa demeure sont submergés.

Mais pas une seule goutte n’a réussi à entrer dans sa résidence grâce à un ingénieux système qu’il a développé en toute vitesse il y a quelques semaines grâce à ses connaissances d’ingénieur civil.

Son secret? Des drains français qui font le tour de l’immeuble et qui débouchent sur de petites pompes installées dans les quatre coins, ainsi qu’une couche de feuille de plastique (polythène) entre son mur et le muret de sacs de sable.

«Le polythène est le vrai sauveur, parce qu’il agit comme membrane imperméable qui entoure la maison et empêche l’eau de passer beaucoup plus efficacement que les sacs de sable», explique avec fierté M. Legault.

Moins de sacs de sable

«Grâce à ce système, on a juste dû utiliser 3600 sacs de sable pour isoler la maison. Lors des inondations de 2017, ma famille en avait utilisé 8000 et il y avait un pied de moins d’eau. Sans les drains et le plastique, il nous en aurait fallu au moins 16 000 cette année», continue-t-il.

La seule faiblesse dans sa membrane étanche est qu’elle pourrait toujours se déchirer si un objet tranchant est projeté contre la maison par le courant de la rivière. Mais l’ingénieur a déjà trouvé la solution pour les prochaines inondations. «On va mettre une couche de Tyvek devant le polythène».

Voisinage impressionné

Certains voisins de M. Legault sont impressionnés par son ingéniosité, alors que leurs sous-sols se remplissent lentement d’eau malgré leurs vaillants efforts.

«On devrait organiser des cours pour le voisinage où Marc nous enseigne sa méthode pour protéger sa maison des eaux. Ça pourrait servir à pas mal d’entre nous, dit en riant Enos Lombard. À chaque inondation, on apprend et on s’adapte, ici.»

Même un employé de la Ville de Gatineau qui vient quotidiennement mesurer la profondeur de l’eau dans la rue a chanté les éloges de M. Legault lorsque Le Journal l’a apostrophé.

«Il n’y en a pas beaucoup dans cette ville qui s’en sont sortis aussi bien que lui. C’est fou, ce qu’il a réussi à faire», dit le col bleu.

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