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Six ans près son spectaculaire détournement d’hélicoptère, Beaudoin demeure dangereux

Éric Thibault | Le Journal de Montréal

On peut apercevoir Billi Beaudoin aux côtés du pilote sur ces images filmées par une caméra de surveillance de la prison de Saint-Jérôme, pendant qu’un complice aidait le détenu Benjamin Hudon-Barbeau à s’évader, le 17 mars 2013

On peut apercevoir Billi Beaudoin aux côtés du pilote sur ces images filmées par une caméra de surveillance de la prison de Saint-Jérôme, pendant qu’un complice aidait le détenu Benjamin Hudon-Barbeau à s’évader, le 17 mars 2013

Un acteur de la spectaculaire évasion en hélicoptère à la prison de Saint-Jérôme représente toujours un risque « inacceptable » de récidive pour la société, six ans après son crime.

Inquiète de la conduite « chaotique » de Billi Beaudoin au cours de son incarcération, la Commission des libérations conditionnelles du Canada (CLCC) refuse de le laisser sortir du pénitencier jusqu’à nouvel ordre.

L’homme de 32 ans purge une peine de 10 ans de pénitencier pour avoir participé au détournement de l’hélicoptère à bord duquel le dangereux prisonnier Benjamin Hudon-Barbeau s’était évadé de l’établissement carcéral de Saint-Jérôme, le 17 mars 2013.

« La Commission est très préoccupée par votre criminalité précoce [...] et persistante », lui a-t-elle signifié.

En mars 2017, Beaudoin a été « identifié comme l’une des têtes dirigeantes d’un réseau de trafic de stupéfiants » pendant qu’il était détenu à Sainte-Anne-des-Plaines, mentionne la CLCC.

Beaudoin s’était fait prendre en flagrant délit par les agents correctionnels après avoir dissimulé une trentaine de grammes de cannabis dans ses « cavités corporelles ».

Accusé, il s’est vite reconnu coupable et un juge lui a imposé deux mois d’incarcération additionnels à sa sentence courante.

Billi Beaudoin

Pas d’évaluation psychologique

Les autorités lui ont aussi décerné « un nombre important » de sanctions disciplinaires pour non-respect des règlements qu’il a « une propension à défier ».

Beaudoin, dont la cote de sécurité est maximale, n’a pas aidé sa cause non plus en refusant de participer à une évaluation d’une psychologue.

C’est sans oublier ses frasques lors d’incarcérations précédentes, comme celles où il avait contraint un codétenu « à manger des excréments » et fracturé le visage d’un autre prisonnier à coups de bouteille, en 2007.

Selon la CLCC, Beaudoin présente toujours un risque de récidive « élevé ». Son potentiel de réinsertion sociale est encore « faible ».

« Il y a encore du travail à effectuer », résument les commissaires dans son cas.

Un pilote traumatisé

L’un des rares points positifs à son dossier est la « certaine empathie » qu’il dit éprouver à l’endroit du pilote d’hélicoptère que lui et un autre malfrat ont contraint d’aller libérer Hudon-Barbeau.

Le pilote, qui s’est fait braquer le canon d’une arme de poing sur la nuque par Steven Mathieu Marchisio – condamné à 15 ans dans cette affaire – durant ce vol périlleux, a été traumatisé au point où il a ensuite abandonné ce métier.

Capturé le soir de son évasion, Hudon-Barbeau a écopé de 16 ans pour cette évasion. Puis, l’an dernier, il a été déclaré coupable de deux meurtres et condamné à une peine record de 35 ans.