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Apparence de conflit d’intérêts: une employée de la Ville de Montréal visée dans un rapport du BIG

Une employée de la Ville de Montréal du service des grands parcs, Louise Blanchet, se retrouve au cœur d’une controverse après la divulgation d’un rapport accablant du BIG qui la place en situation d’apparence de conflit d’intérêts.

L’enquête menée par l’équipe de l’inspectrice générale, Me Brigitte Bishop, démontre que l’employée en question a rédigé un mandat de design d’intérieur en lien avec la réfection du chalet-restaurant du parc La Fontaine et que le contrat a été donné à l’entreprise de son conjoint.

Dans son rapport, le BIG ne dévoile pas les noms des individus visés par l’enquête, mais selon les informations obtenues par TVA Nouvelles auprès de diverses sources, l’employée de la Ville qui se retrouve sur la sellette, Louise Blanchet, est la conjointe de l’architecte Marc Bherer.

Dans le cadre du processus de conception du projet de réaménagement des salles de bains publiques et de la salle des patineurs, Louise Blanchet a formulé des critiques à l’égard des partitions des toilettes.

«Cette dernière juge qu’il y a trop de bleu alors qu’elle souhaitait voir du blanc, que le design du plancher est inadéquat et qu’il y a un manque de noblesse des matériaux», peut-on lire dans le rapport du BIG.

L’implication de Mme Blanchet à la toute fin du processus de conception du projet n’est pas restée sans conséquence. En effet, les modifications des finis des toilettes qu’elle a exigés ont entraîné un retard de 95 jours ouvrables et une dépense additionnelle de 167 649,35$.

Autre élément accablant dans le rapport du BIG, l’employée de la Ville a révélé à son conjoint des informations en lien avec le processus contractuel, informations pourtant confidentielles. Elle a même participé notamment à une réunion à laquelle son conjoint était également présent.

Louise Blanchet avait pourtant été prévenue par le Bureau du contrôleur général de faire preuve de prudence pour ne pas favoriser les intérêts de la firme de son conjoint, Desjardins Bherer. Or, elle serait allée à l’encontre des mises en garde.

De son côté, le président de la firme d’architecture n’a jamais inclus dans sa soumission une déclaration du lien personnel l’unissant à Louise Blanchet.

«Il est absolument inconcevable qu’en 2018, une employée de la Ville de Montréal ait pu et cru bon de rédiger une demande de soumissions et de choisir d’inviter la firme de son conjoint et de surcroît, sans déclarer franchement et pleinement cette situation au Bureau du contrôleur général. Elle a produit une déclaration qui n’était pas totalement franche et donnait un portrait trompeur de la situation», écrit le BIG dans son rapport dévastateur rendu public lundi, dans le cadre de la séance du conseil.

Le BIG juge qu’on aurait dû retirer à Louise Blanchet les commandes du processus contractuel afin d’éviter tout conflit d’intérêts. L’inspectrice générale estime maintenant que c’est à l’administration municipale «de déterminer les sanctions devant s’appliquer» à l’égard de cette employée qui «a contrevenu à l’obligation de confidentialité».

En ce qui a trait à Desjardins Bherer, la firme de son conjoint, le BIG recommande la résiliation du contrat et que la firme d’architecture soit inscrite au Registre des personnes inadmissibles de la Ville de Montréal pour une période d’un an.

À la Ville de Montréal, on affirme: «le Contrôleur général a reçu une copie du rapport du BIG [et] mène présentement une enquête administrative visant le respect des obligations prévues au Code de conduite des employés de la Ville.» 

Les deux employés font présentement l'objet d'une suspension sans solde.

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