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«Chacun d’entre nous est affecté, bouleversé», réagissent les directeurs de la DPJ

TVA Nouvelles

Les directeurs de la protection de la jeunesse du Québec de toutes les régions ont souhaité réagir au drame de Granby dans lequel une fillette de 7 ans connue de leurs services a trouvé la mort après avoir été victime de mauvais traitements, il y a deux semaines.

«Depuis l’annonce du décès de cette petite fille, chacun d’entre nous ainsi que chaque intervenant et gestionnaire de nos services est affecté, bouleversé», ont écrit les 20 signataires dans une lettre ouverte intitulée «La cause des enfants tatouée sur le coeur» et dévoilée lundi matin.

Ils en ont profité pour rappeler qu’ils collaboreront pleinement aux enquêtes annoncées pour faire la lumière sur cette histoire, tout comme ils prendront part à la réflexion plus vaste amorcée sur les services de protection de l’enfance au Québec.

 

 «Chacun d’entre nous a choisi par conviction et amour des enfants de leur consacrer notre vie professionnelle, particulièrement aux plus vulnérables d’entre eux. Ils sont ce que nous avons de plus précieux pour l’avenir de notre société et c’est pourquoi nous avons choisi d’en faire notre priorité», ont écrit les représentants de la DPJ, dans une longue missive qui ne précise le mot «Granby» qu'à la toute fin.

Ils ont également offert leurs sympathies à la famille et aux proches. «Jamais de tels drames ne devraient arriver», déplorent-ils.

 

Le 30 avril dernier, une fillette de 7 ans a péri alors qu'elle était hospitalisée. Elle avait été retrouvée dans un état critique la veille, dans une maison de Granby. Un homme de 30 ans et une femme de 35 ans avec qui elle vivait ont été accusés par la suite.

Rapidement, la DPJ a été montrée du doigt dans cette histoire, si bien que le gouvernement Legault a annoncé, le 2 mai dernier, la tenue d'une enquête publique du coroner sur la mort tragique de la fillette. Le même jour, le premier ministre François Legault a également confirmé que le directeur de la protection de la jeunesse au CIUSSS de l'Estrie, Alain Trudel, avait été relevé de ses fonctions avec salaire, à sa demande.

Voici la lettre intégrale:

La cause des enfants tatouée sur le cœur

Lettre ouverte des directeurs et directrices de la protection de la jeunesse du Québec

Nous sommes vingt directeurs et directrices de la protection de la jeunesse au Québec. Chacun d'entre nous a choisi par conviction et amour des enfants de leur consacrer notre vie professionnelle, particulièrement aux plus vulnérables d'entre eux. Ils sont ce que nous avons de plus précieux pour l'avenir de notre société et c'est pourquoi nous avons choisi d'en faire notre priorité. Veiller sur leur bien-être est une responsabilité collective et assurer leur protection lorsque le filet social ne suffit pas demeure notre raison d'être.

Tout comme l'ensemble des citoyens du Québec, nous ne pouvons tolérer les circonstances ou événements qui mettent en péril la vie des enfants. Depuis l'annonce du décès de cette petite fille, chacun d'entre nous ainsi que chaque intervenant et gestionnaire de nos services est affecté, bouleversé. Nos pensées sont pour cette petite et toutes nos sympathies vont à la famille et aux proches. Jamais de tels drames ne devraient arriver. La jeunesse est une étape déterminante dans la vie d'une personne : chaque enfant doit avoir la chance de grandir et d'évoluer dans un environnement sécuritaire et propice à son développement. 

Chaque jour, partout au Québec, nos intervenants sont confrontés à la détresse, la pauvreté, la maladie mentale, le rejet, l'isolement et la violence vécue par les jeunes parmi les plus vulnérables de la communauté. Dans des circonstances souvent difficiles, ils gardent espoir et se dévouent sans relâche afin d'offrir aux enfants en difficulté et à leur famille les services les mieux adaptés à leurs besoins. Leurs responsabilités sont immenses, mais leur engagement envers les jeunes l'est tout autant. Ils exercent des responsabilités humainement et professionnellement très exigeantes. La loi sur la protection de la jeunesse a permis de protéger des milliers d'enfants au Québec grâce à leurs efforts.

Nous sommes d'avis, comme plusieurs intervenants et experts l'ont exprimé, que pour actualiser notre mission de protection des enfants, notre réseau a besoin d'être soutenu différemment. Ce soutien doit être organisé en fonction de l'évolution de notre société, de l'état de la recherche, des nouvelles problématiques émergentes et de la réalité actuelle du marché du travail. Plus important encore, notre société doit également confirmer l'engagement qu'elle a pris en 1979 en se dotant de la Loi sur la protection de la jeunesse. Cet engagement, à l'effet que la protection des enfants est une priorité et qu'à ce titre, les instances qu'elle dédie à cette fonction ait à leur disposition les moyens d'agir avec célérité, afin d'intervenir dans le cadre des meilleures pratiques et ainsi protéger les enfants qui vivent malheureusement de la maltraitance encore aujourd'hui.

Plusieurs enquêtes ont été annoncées afin de faire la lumière sur les circonstances ayant mené à la tragédie vécue dans la région de Granby. Comme nous l'avons toujours fait dans l'intérêt des enfants, soyez assurés de notre contribution pleine et entière, et ce, tant au cours du processus qui s'amorce que lors de la mise en place d'éventuelles mesures afin d'éviter qu'un tel drame ne se produise à nouveau.

Nous prendrons part activement à la réflexion annoncée par le gouvernement. La maltraitance exige une intervention soutenue, spécialisée et collective, tant en matière de prévention que d'intervention. Notre volonté demeure de tendre, avec l'ensemble de nos partenaires, vers la meilleure protection possible de nos enfants.  Cette tribune sera une occasion pour nous de réitérer notre invitation à faire de la protection de nos enfants une priorité nationale. Chaque enfant mérite un regard bienveillant, attentif et porteur des valeurs qui nous sont chères comme société.

1--Anne Duret, DPJ\DP, CISSS du Bas-Saint-Laurent

2--Caroline Gaudreault, DPJ\DP, CIUSSS du Saguenay-Lac-Saint-Jean

3--Dominique Jobin, DPJ\DP, CIUSSS de la Capitale-Nationale

4--Robert Levasseur, DPJ\DP, CIUSSS de la Mauricie-et-Centre-du-Québec

5--Alain St-Pierre (intérim), DPJ\DP, CIUSSS de l'Estrie-CHUS

6--Assunta Gallo, DPJ\DP, CIUSSS du Centre-Sud-de-l'Île-de-Montréal

7--Linda See, DPJ\DP, CIUSSS de l'Ouest-de-l'Île-de-Montréal

8--Michelyne Gagné, DPJ\DP, CISSS de l'Outaouais

9--Philippe Gagné, DPJ\DP, CISSS de l'Abitibi-Témiscamingue

10--Marlene Gallagher, DPJ\DP, CISSS de la Côte-Nord

11--Michelle Frenette (intérim), DPJ\DP, CISSS de la Gaspésie-les Iles

12--Caroline Brown, DPJ\DP, CISSS de Chaudière-Appalaches

13--Sonia Mailloux, DPJ\DP, CISSS de Laval

14--Maryse Olivier, DPJ\DP, CISSS de Lanaudière

15--Myriam Briand, DPJ\DP, CISSS des Laurentides

16--Josée Morneau, DPJ\DP, CISSS de la Montérégie-Est

17--Martin Carreau, DPJ\DP, Centre de santé de l'Ungava

18--Chantal Laverdure, DPJ\DP, Centre de santé Inuulitsivik

19--Alice Cleary, Directrice de la protection sociale, Atikamekw Onikam

20--Taria Matoush (intérim), DPJ\DP, Conseil Cri de la santé et des services sociaux de la Baie-James

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