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La famille d’Émilie Houle écartée du forum Jeunes santé mentale

TVA Nouvelles

La lettre d'adieu de la jeune Émilie Houle, qui dénonçait ouvertement le manque criant de ressources en santé mentale, a fait le tour du Québec. Ses proches s'expliquent donc mal pourquoi, quelques semaines plus tard, ils ont été écartés d'un important forum qui traite justement «des jeunes et la santé mentale».

Émilie Houle, dont la lettre d’adieu a été partagée 95 000 fois sur les réseaux sociaux, s’est butée à des listes d’attentes. Même le psychiatre consulté en urgence à l’hôpital n’avait pas cru bon l’hospitaliser et ses proches sont d’avis que son histoire illustre parfaitement les lacunes du système.

« On vit une certaine déception, parce qu’avec toute la médiatisation de sa lettre, c’est un message qu’elle voulait lancer et on voulait le porter jusque là », raconte sa mère, Maryse Dionne.

Mollie Ferron, la conjointe d’Émilie, a quant à elle parlé d’un manque d’humanité de la part de la ministre de la Santé, Danielle McCann.

« Comme notre histoire a fait le tour du Québec, je pense que ça aurait été plus humain et adéquat de nous rencontrer. Elle connait l’histoire d’Émilie, mais elle ne peut pas être aussi touchée que si elle avait vu nos yeux et entendu ce qu’on a vécu. Je pense que le système a besoin d’un grand changement. Il faut injecter davantage d’argent pour débloquer plus de ressources », a-t-elle avoué.

« Il y a un gros besoin au Québec, la santé mentale est en crise! », a pour sa part lancé Sol Zanetti, porte-parole du deuxième groupe d'opposition en matière de santé et services sociaux.

Bien sûr, il existe une multitude d’organismes et de maisons de prévention du suicide, mais les ressources sont de loin insuffisantes pour accompagner tous les jeunes en crise.

Chaque mois, 14 jeunes Québécois âgés de 12 à 30 ans s’enlèvent la vie.

«Système dysfonctionnel»

32 personnes qui ont vécu la mort de près ont malgré tout témoigné lundi devant une salle bondée de politiciens, de psychiatres et d’autres professionnels de la santé.

« Mon fils n’est pas mort du suicide, il est mort d’un système dysfonctionnel. Il ne faut jamais banaliser le risque d’une personne qui a des idées suicidaires. Il faut la prendre en charge rapidement», a avoué Marlène Gauthier, fondatrice du regroupement de familles endeuillées Zéro Suicide.

Deux autres jours de consultations sur la santé mentale des adultes et des aînés se tiendront après quoi certains élus entreprendront une tournée du Québec et, cette fois, la famille d’Émilie Houle devrait être entendue.

« Je suis prête à me rendre dans n’importe quelle région pour entendre ce que les gens ont à dire », a d’ailleurs déclaré la députée libérale Hélène David.

On dénombre trois suicides chaque jour au Québec. Si vous avez besoin d'aide, vous pouvez joindre la ligne Suicide Action Montréal au 1 866·277-3553.

-D'après un reportage de Jonathan Roberge

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