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Embarrassant cafouillage au Pentagone

Sylvie Lanteaume | Agence France-Presse 

Le niveau réel de la menace iranienne contre les intérêts américains au Proche-Orient a donné lieu mardi à un cafouillage embarrassant au Pentagone, où l'armée américaine a dû démentir des propos rassurants d'un porte-parole britannique de la coalition internationale en Irak et Syrie.

Alors que les États-Unis ont envoyé dans le Golfe le porte-avions USS Abraham Lincoln et une force de bombardiers en réponse à une «menace crédible» de la part de Téhéran, le général britannique Chris Ghika, porte-parole adjoint de la coalition anti-État islamique (EI) menée par les États-Unis, a assuré à la presse que le niveau de menace représenté par les milices pro-iraniennes pour les forces occidentales ne s'était pas intensifié récemment.

«Il n'y a pas d'aggravation de la menace posée par les forces pro-iraniennes en Irak et en Syrie», a déclaré le général Ghika, qui s'exprimait depuis Bagdad au cours d'une téléconférence au Pentagone.

«Nous n'avons constaté aucun changement dans la posture ou le déploiement du Hachd al-Chaabi», a ajouté le militaire britannique, en référence au vaste groupement d'unités paramilitaires irakiennes engagées dans la lutte contre le groupe Etat islamique (EI).

«Nous espérons et nous nous attendons à ce que cela continue», a ajouté le général Ghika, commandant adjoint de la coalition chargé de la stratégie et l'information.

Pressé de questions sur cette apparente contradiction avec le discours de l'administration américaine, qui a fait état de menaces «inquiétantes» et de «signaux clairs» de préparatifs iraniens d'attaques contre des intérêts américains dans la région, il a assuré ne pas être «en décalage avec la Maison Blanche».

«Ce que je dis, c'est que nous surveillons les menaces avec beaucoup d'attention et que nous ajustons les mesures de protection de nos forces en conséquence», a-t-il dit. «Est-ce que je m'inquiète du niveau de danger? Non, pas vraiment. Nous prenons toute une série de mesures de protection (...) et nous les jugeons totalement satisfaisantes».

Rompant avec l'unité affichée depuis 2014 par les partenaires de l'opération Inherent Resolve (OIR) de la coalition internationale, le commandement militaire américain au Proche-Orient (Centcom) a rapidement contredit le général Ghika.

«Les récents commentaires du commandant adjoint de l'OIR contredisent les menaces crédibles reçues des services de renseignement américains et alliés concernant les forces pro-iraniennes dans la région», a indiqué dans un communiqué le porte-parole du Centcom, le commandant Bill Urban.

«Le commandement central des États-Unis, en coordination avec l'opération Inherent Resolve, a renforcé le dispositif des forces affectant tous les militaires déployés par la coalition en Irak et en Syrie», a ajouté le porte-parole.

«Par conséquent, l'OIR est aujourd'hui à un niveau d'alerte élevé et nous continuons à surveiller étroitement les menaces crédibles et peut-être imminentes contre les forces américaines en Irak», a conclu le porte-parole américain.

Signe des divisions entre les Européens et les États-Unis sur la stratégie de tension de l'administration du président Donald Trump au Proche-Orient, le général Ghika avait tenu à souligner que la mission de la coalition internationale était de lutter contre l'EI et non le régime iranien.

«Notre mission est de vaincre l'EI. L'Iran ne figure ni sur les ordres qui m'ont été donnés, ni les directives, ni sur aucun document d'organisation», a-t-il relevé.

«Nous sommes ici à l'invitation du gouvernement irakien pour vaincre l'EI, pas pour avoir quoi que ce soit à voir avec l'Iran», a-t-il ajouté. «Je le souligne parce que je pense que c'est vraiment important à ce stade».

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