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Absolution pour l'homme qui avait criblé de balles une pancarte électorale

Nicolas Saillant | Journal de Québec 

Courtoisie

Estimant que l’accusé avait «eu sa leçon», un juge a absous l’homme qui avait criblé de balles de plastique la pancarte électorale d’un candidat indépendant dans Jean-Talon lors des dernières élections québécoises.

En septembre dernier alors que les pancartes électorales décoraient les rues, celle de Ali Dahan, candidat indépendant, avait été observée criblée de balles de plastique. Les policiers de Québec avaient lancé une enquête et les médias avaient fait état de l’histoire.

Voyant tout l’émoi que cette histoire créait et devant la présence des policiers devant chez lui, Roberto Cyr-Delcourt s’était présenté aux policiers et avait avoué être l’auteur du geste. L’homme de 26 ans avait expliqué avoir acheté un fusil de type Air soft quelques jours plus tôt et s’amusait à tirer sur des objets inanimés de son balcon.

La pancarte de Ali Dahan était alors une cible accessible contrairement à celle du Parti libéral située quelques mètres à côté. En cour, le jeune homme s’était confondu en excuses devant la victime affirmant avoir fait un geste «enfantin», «immature» et «cave».

Il assurait ne pas être un «terroriste», lui qui a écrit une lettre d’excuse à la victime en plus de s’adresser directement à lui en salle de cour pour s’excuser une nouvelle fois.

Pour sa part, Ali Dahan continue d’affirmer qu’il s’agit d’un «crime haineux» et d’un geste «prémédité». Il dit avoir «vécu l’enfer» depuis les faits.

Accusé de méfait et de l’utilisation négligente d’une arme à feu, Cyr-Delcourt a toutefois été «très transparent et surtout sincère» dans ses excuses, a dit le juge Sébastien Proulx. «Sa présentation était totalement authentique».

«Le délinquant a eu sa leçon, et toute une leçon», a estimé le juge. À l’inverse, il n’a pas retenu l’ensemble des conséquences décrites par la victime dans ce dossier.

Une absolution conditionnelle assortie d’ordonnance de probation de 15 mois, 50 heures de travail communautaires et 300$ de don constitue donc sa peine

Pas assez

Cette peine n’a vraisemblablement pas plu à la victime qui a voulu s’adresser au juge après la sentence. Après être allée parler avec la procureure à l’extérieur de la salle, cette dernière a indiqué n’avoir rien à ajouter.

«Madame, vous n’avez pas transmis ce que j’ai dit au juge», s’est offusqué M. Dahan. Ce dernier a été invité à sortir par les constables spéciaux. Une fois au greffe quelques minutes plus tard, la victime a semblé vouloir s’adresser à l’accusé, mais les constables spéciaux l’en ont empêchée.

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