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De plus en plus d'homards dans les eaux de la Côte-Nord

Alexandre Cantin | TVA Nouvelles 

Autrefois très peu lucrative, la pêche au homard prend de l'ampleur sur la Côte-Nord. Les captures ont considérablement augmenté au cours des dernières années.

Jean-Sébastien Vacher en est à sa troisième saison de pêche au large de Port-Cartier.

«Le permis que j’ai acheté à Port-Cartier était exploité à temps partiel», a-t-il dit en entrevue mercredi.

Comme plusieurs autres pêcheurs, il exploite désormais le permis à son plein potentiel, sachant que le homard est particulièrement abondant. De 2015 à 2018, la hausse des débarquements a été fulgurante: 423 % dans la zone 18 située en moyenne Côte-Nord.

«La première année, j’ai eu beaucoup de difficulté. La deuxième année, je n’ai pas eu de problème. Cette année, je manque de homards. Il y a tellement de demandes que c’est pas un problème. Ça se développe», a-t-il raconté à TVA Nouvelles.

Jean-Sébastien Vacher a investi 1 million $ pour l’achat de son permis et de son bateau, mais aussi pour avoir son propre quai de débarquement et un vivier en eaux naturelles.

«Comme, traditionnellement, il n’y a jamais eu beaucoup de homards sur la Côte-Nord - il y en a déjà eu, mais pas assez pour développer une pêche commerciale -, il n'y avait pas d’acheteurs organisés. J’ai dû développer, trouver des acheteurs, acheter un camion réfrigéré.»

Le réchauffement des eaux du golfe Saint-Laurent expliquerait en grande partie cette abondance de homards dans la région.

«La Côte-Nord a toujours été à la limite de la distribution géographique du homard. Il suffit d’une petite augmentation de la température et de petits changements favorables aux populations de homards pour que la population commence à croître de façon très significative», a expliqué le biologiste de Pêches et Océans Canada, Benoît Bruneau.

Mais le homard de la Côte-Nord pourrait devenir vulnérable à la surexploitation.

Devant l’augmentation de l’effort de pêche, les scientifiques de Pêches et Océans Canada croient essentiel de mettre à jour rapidement les connaissances biologiques afin d’assurer une gestion durable des stocks.