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Décès d’un élagueur de Québec: une planification «déficiente» des travaux par l'entreprise

Valérie Bidégaré | Journal de Québec

Une planification «déficiente» des travaux par le propriétaire de l’entreprise Arb’Attage est à l’origine du décès d’un élagueur de Québec, en mai 2018, conclut la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST).

L’élagueur-grimpeur, Marc-André Lavoie, âgé de 35 ans, a été électrocuté alors que la scie télescopique qu’il utilisait pour couper des branches situées au-dessus de sa tête est entrée en contact avec une ligne électrique à moyenne tension. Le père de famille procédait à l’élagage d’un arbre qui se trouvait sur le terrain d’une résidence privée de la rue Sophie Melvin, dans le secteur de Charlesbourg, le 17 mai 2018.

M. Lavoie était attaché à une branche grâce à un harnais au moment de l’accident. Au terme de son enquête, la CNESST conclut que « la planification des activités d’élagage est déficiente amenant l’élagueur-grimpeur à utiliser un outil conducteur alors que sa position dans l’arbre permet à l’outil d’entrer en contact avec la ligne électrique de moyenne tension ».

 

« Le tronc de l’arbre se situe à une distance de 3,4 mètres de la ligne électrique », fait savoir la Directrice santé et sécurité pour la CNESST-Capitale-Nationale, Caroline Sylvestre. « La personne se trouvait sur la deuxième branche de l’arbre, à une distance de 6,29 mètres, mais la perche télescopique avait une longueur de plus 6 mètres donc, la personne plus la perche fait en sorte qu’on entre dans la zone minimale d’approche de 3 mètres. Il était beaucoup trop près de la ligne de tension », spécifie-t-elle.

La ligne électrique qui se trouvait dans la zone de travail avait une tension de 14 400 volts, or, selon le Code de sécurité pour les travaux de construction (CSTC), pour les lignes électriques dont la tension est de 125 000 volts et moins, la distance d’approche minimale est de 3 mètres. À l’intérieur de cette zone, l’employeur se doit de contacter Hydro-Québec afin de s’assurer que la ligne soit mise hors tension lors de la réalisation des travaux ou encore de déterminer avec l’entreprise d’exploitation d’énergie électrique des mesures de sécurité à mettre en application.

« Avoir une bonne planification est très important. Ça permet d’identifier les dangers, de voir les risques et d’évaluer comment réaliser les travaux. C’est quoi les méthodes, les techniques, les outils à utiliser. Une perche non conductrice aurait pu être utilisée. Dans ce cas-ci, elle était conductrice », évoque notamment Mme Sylvestre. « C’est pour ça qu’on parle de planification avant et non une fois sur place. »

À cet effet, la directrice santé et sécurité soutient que la CNESST « martèlera ce message » dans le cadre d’une opération provinciale relativement à l’élagage qui s’inscrit dans la planification annuelle de l’organisme. En 2018, 165 personnes ont été blessées après avoir été en contact avec le courant électrique, au Québec, et 2 personnes sont décédées. Selon Mme Sylvestre, encore trop d’accidents surviennent dans le domaine de l’élagage.

«Il faut comprendre que ce sont souvent de petites entreprises alors on va prendre la peine d’aller les rencontrer pour informer les gens de la règlementation et des méthodes à mettre en place pour s’assurer que l’équipement et les activités sont sécuritaires. Dans la Capitale-Nationale, c’est 40 entreprises», explique-t-elle.

Des inspecteurs vont également se déplacer dans les quatre écoles de la province qui offre un programme de formation en arboriculture et élagage afin de leur présenter les résultats de l’enquête et éviter que pareil drame ne se reproduise. Le rapport sera également transmis à la Société internationale d’arboriculture Québec et à l’Association québécoise des arboriculteurs commerciaux.

Jointe par Le Journal, la famille de M. Lavoie a refusé de commenter le rapport d'enquête émis par la CNESST.

 

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