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La CSN accuse la CAQ de cautionner la discrimination à l'égard des femmes musulmanes

Geneviève Lajoie | Journal de Québec

Le président de la CSN, Jacques Létourneau

Photo Agence QMI, Joël Lemay

Le président de la CSN, Jacques Létourneau

La CSN a orchestré une volte-face en matière de laïcité de l’État. La centrale syndicale estime désormais que l’interdiction des signes religieux chez certains fonctionnaires «cautionne les préjugés» à l’égard des femmes de confession musulmane.

À l’époque de la charte des valeurs du Parti québécois, la CSN souhaitait qu’on bannisse les signes religieux chez les employés de l’État en position d’autorité.

Lors de son passage mercredi devant les députés, le président Jacques Létourneau a vivement dénoncé le projet de laïcité du gouvernement Legault.

«On ne pense pas que de porter un signe religieux ça vient trahir la neutralité de l’État. On pense que l’État peut être laïc, même si un enseignant ou une enseignante porte un signe religieux», a-t-il lancé aux élus.

Plus encore, le syndicaliste estime le ministre Simon Jolin-Barrette cible clairement les femmes musulmanes dans son projet de loi 21. «La question est très sensible, à partir du moment où on dépose un projet de loi comme celui-là, ça vient un peu attiser les tensions d’une société», a-t-il insisté.

La conseillère syndicale Marie-Hélène Bonin a déploré les effets pervers du texte de loi caquiste. «En s’inquiétant des signes religieux comme le fait ce projet de loi-là, d’une certaine façon, on cautionne les préjugés à l’égard des gens qui portent des signes religieux et on sème même le doute sur leur capacité à agir de façon professionnelle, neutre, intègre, éthique, non prosélytique».

Mêmes craintes de la part de sa collègue Mireille Bénard, qui anticipe une «ghettoïsation de certaines communautés ou de certaines femmes, ou un retour à la maison de certaines femmes» qui s’étaient pourtant intégrées et émancipées.

Clause grand-père étendue aux étudiantes

Si le gouvernement va quand même de l'avant avec sa loi, la CSN suggère qu'on étende la clause de droits acquis aux étudiants des professions ciblées par l'interdiction de porter des signes religieux.

«Les étudiantes et étudiants qui sont actuellement à l’université et qui veulent devenir professeur, on pense qu’on devrait leur permettre de porter leurs signes religieux», propose Jacques Létourneau.