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Le Québec privé de 200 M$: «effrayant», déplore Legault

Marc-André Gagnon | Journal de Québec

Le premier ministre François Legault trouve «effrayant» que 23 millions de passages aient été omis par le précédent gouvernement au moment de réclamer la part de subventions fédérales qui revient au Québec pour le transport en commun.

«Mauvaise gestion du gouvernement libéral. Ç’a fait perdre 200 M$ aux Québécois. (Si j’étais à leur place), je serais gêné», a réagi le chef caquiste, à la lumière des révélations de notre Bureau d’enquête.

Selon ce qu’il a été possible d’apprendre, lors de la négociation de l’entente bilatérale avec Ottawa, qui s’est conclue en juin 2018, le gouvernement Couillard a indiqué que l’achalandage annuel des sociétés de transports québécoises se chiffrait à 577 millions de passages.

Or, si l’on considère les 23 millions de passages annuels qui sont effectués par autobus dans des banlieues comme Terrebonne, Laval et Longueuil, la part du Québec aurait dû être calculée en fonction de 600 millions de passages annuels.

Au lieu de recevoir sur 10 ans tout près de 5,2 G$ du gouvernement fédéral, le Québec devrait plutôt recevoir 5,3 G$, selon notre Bureau d’enquête.

Une «mauvaise entente»

M. Legault n’a pas voulu indiquer, mercredi, si les sommes manquantes seront réclames à Ottawa.

De son côté, le président du Conseil du trésor, Christian Dubé, a demandé aux fonctionnaires de lui fournir davantage de précisions.

Dans tous les cas, il considère déjà qu’il s’agit d’une «mauvaise entente» signée «à la dernière minute avant les élections» par le gouvernement précédent.

«Que l’erreur soit de 50 ou de 200 M$, c’est sûr que ce n’est pas à l’avantage du Québec», a-t-il indiqué devant la presse parlementaire.

Avantage Montréal

Rappelons qu'il s'agit d'une même entente qui est au cœur du litige fédéral-provincial dans le dossier du financement du promet de tramway à Québec. 

La distribution des sommes entre les grandes sociétés de transport étant basée sur l’achalandage actuel, Montréal se voit largement avantagée. La métropole récolte donc 74 % des 5,2 G$ fédéraux disponibles sur 10 ans, ne laissant qu’une mince part à la Ville de Québec, qui veut se doter d’un réseau structurant de transport en commun.

«Ce n’est pas normal qu’une ville qui a 500 000 habitants, qui a des projets aussi structurants, ne reçoive que 8 % du (financement fédéral destiné au) transport en commun», a dit M. Dubé.

Sans vouloir faire «de partisanerie», le président du Conseil du trésor suspecte les libéraux, tant au niveau fédéral que provincial, d’avoir volontairement cherché à avantager Montréal en raison du nombre élevé d’élus qu’ils ont dans la métropole.

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