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Moins de 24 h d’avis avant la fermeture de leur centre d’hébergement

TVA Nouvelles

Une quinzaine de résidents d'un centre d'hébergement privé de l'est de Montréal sont désemparés à la suite de la fermeture brutale de leur établissement.

L’annonce a pris par surprise non seulement les bénéficiaires et leurs proches, mais aussi les employés qui ont appris la nouvelle dans les dernières heures.

«Tout le monde aimait l'endroit, mais des sauvages, c'est des sauvages», lâche Reynald Bourget, le gendre d’une résidente, qui peine à retenir ses larmes.

 

Celle-ci et les 14 autres résidents ne décolèrent pas: ils ont appris à moins de 24 heures d'avis qu'ils devaient libérer aujourd'hui les chambres du CHSLD Rive-Soleil. La résidence ferme ses portes définitivement faute d'argent pour assurer des services répondant aux normes.

«Ils auraient pu nous laisser un petit peu de temps, tonne Michel Brunet, dont la mère habite l’endroit. Elle est inquiète pour ses meubles. On ne sait pas si on va avoir le temps de récupérer ses meubles, on a jusqu'à 4 heures. Après, ce sera fermé.»

Des employés sous le choc

Le CHSLD Rive-Soleil employait une vingtaine de personnes, dont plusieurs ont appris seulement ce matin qu'ils n'y travaillaient plus.

«Ça nous déstabilise totalement. On est sous le choc, fulmine l’une des préposées aux bénéficiaires, Jessica Turner. On a autant de la peine pour les résidents, autant de la peine pour nous. C'est très dur. J'irais même dire que c'est sans coeur.»

Une femme âgée est arrivée dans cette résidence avec son mari il y a quatre ans. Elle souhaitait y terminer ses jours comme pour son mari.

Sa fille, Francine Brunet, est elle aussi dépitée. «On aurait pu nous le dire une semaine d'avance. Nous aussi, on aurait eu le temps de se préparer. Hier, il a fallu que je dise à maman: "Maman..." Elle est là, puis elle n’est pas là. Des fois, elle est confuse, mais ça, elle a compris. Elle était en pleurs. "Je m'en vais où? Comment?” Puis aujourd'hui, elle tremble de même.»

TVA Nouvelles n'a pu obtenir de commentaires de la part des dirigeants ou des propriétaires de l’établissement. Ces derniers ont préféré quitter le navire et laisser la tâche de répondre aux questions aux gens du CIUSSS.

«On a été surpris hier que ça se passe aussi rapidement. On essayait par un accompagnement à plusieurs niveaux de faire en sorte que ça réussisse. Mais force est d'admettre que ça n'a pas marché», déplore Claude Riendeau, du CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal.

Le CIUSSS a rapidement trouvé des places ailleurs pour ces malheureux résidents. Ils dormiront tous ce soir dans une autre chambre avec de nouveaux visages pour les soigner, certains d’entre eux étant plus ébranlés que d'autres.

-D’après un reportage de Richard Olivier