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Se raser ou non, telle est la question pour les pompiers de Saint-Honoré

Kate Tremblay | TVA Nouvelles

Des pompiers de la ville de Saint-Honoré, au Saguenay-Lac-Saint-Jean, n'auraient pas toujours la barbe fraîchement rasée lorsqu'ils sont appelés à intervenir sur les lieux d’un incendie.

Pourtant, la barbe est interdite chez les pompiers afin de s'assurer que l'appareil de protection respiratoire qu'ils doivent porter est bien étanche. C'est même une obligation de la Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité au travail (CNESST).

Les pompiers de Saint-Honoré se sont réunis plus tôt cette semaine pour discuter de l'abolition du service des premiers répondants et, selon les informations obtenues par TVA Nouvelles, les discussions auraient rapidement dévié vers le sujet du port de la barbe.

Certains d'entre eux n'auraient pas pu prendre part à un exercice de simulation d'un écrasement d'avion la semaine dernière parce qu'ils n'étaient pas rasés.

 

Interrogé sur le sujet, le maire de la municipalité se défend. Bruno Tremblay affirme que ses pompiers connaissent bien les règles et que le directeur du service se charge de les appliquer. Mais il se voit mal forcer ses employés à rentrer au travail fraîchement rasés sachant que ce sont des pompiers volontaires, qui sont avant tout des employés affectés aux Travaux publics, que les incendies d'envergure sont rares à Saint-Honoré et qu'il y a toujours des pompiers dans le groupe qui ne portent pas la barbe.

«Est-ce qu'on peut exiger à un employé des Travaux publics de se faire la barbe tous les matins? Non, je ne pense pas, a expliqué M. Tremblay. Sauf qu'ils sont conscients que lors d'une intervention, ils doivent être rasés pour porter le masque, c'est obligatoire. Chaque pompier a un rasoir dans son équipement et, sur la route, ils se font la barbe au besoin.»

La CNESST rappelle que toute personne constatant des manquements au Règlement sur la santé et sécurité au travail peut porter plainte. Et si la Commission le juge nécessaire, celle-ci enquêtera.

«Si on doit faire des avis à des employés qui ne voudraient pas respecter cette règle, le directeur du service se chargera de les faire, mais on n’en est pas là, a assuré Bruno Tremblay. La situation ne nous a jamais causé de problèmes.»

La convention collective des pompiers de Saint-Honoré sera bientôt échue. Deux séances de négociations ont déjà eu lieu.

Le port de la barbe pourrait être à l'ordre du jour, de même que la formation liée au maintien des compétences. TVA Nouvelles a également appris que des pompiers n'y participeraient pas aussi souvent qu'ils le devraient.

Le maire a confirmé que la Ville prévoyait être plus sévère à l'avenir. Elle compte mettre en place des incitatifs dans le prochain contrat de travail dans le but de corriger le tir.