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Un gazebo non conforme qui pourrait coûter cher aux contribuables

Valérie Fortin | TVA Nouvelles

Une chicane entre des campeurs et la municipalité de Saint-Henri-de-Taillon, au Saguenay-Lac-Saint-Jean, prend des proportions importantes. Cette mésentente pourrait coûter cher aux contribuables.

Depuis plusieurs mois, la petite municipalité multiplie les démarches devant les tribunaux pour expulser un couple de retraités du camping municipal en raison d'un gazebo non conforme.

Marie-Claire Boucher et Bernard Larocque sont âgés de 70 et 73 ans. Le couple passe ses étés au camping municipal de Saint-Henri-de-Taillon depuis 23 ans.

À l'été 2017, les deux campeurs ont effectué des travaux sur le terrain. Ils ont fait construire un abri, de type gazebo, annexé à leur roulotte.

«L'urbanisme était au courant du projet. On avait présenté notre projet à la responsable du camping. [...] On arrive au printemps 2018, le gérant [directeur général] de la Ville arrive ici. Il dit: "vous avez fabriqué ça en cachette durant l'hiver"», a raconté M. Larocque.

Le couple a reçu un constat d'infraction de non-conformité. La municipalité considérait la construction trop haute et trop grosse. Un jugement de la Cour municipale est d'ailleurs venu confirmer, en février dernier, que les travaux réalisés ne respectaient pas les normes.

Mais aussitôt le jugement tombé, la municipalité a entrepris des procédures judiciaires pour expulser les septuagénaires du camping.

«C'est complètement insensé... Nous autres, on est des personnes de 73 ans. On s'installe ici, ça fait 23 ans qu'on est là... Ils ont coupé le courant et l'eau. Ils disent qu'ils ne nous donneront pas de services en 2019. Ils ont continué à nous harceler, sans arrêt, toutes les trois semaines, un mois... lettre d'avocat par dessus lettre d'avocat», a dit M. Larocque.

Pourtant, M. Larocque et Mme Boucher affirment être prêts à se conformer et à réaliser les travaux correctifs. Ils ne veulent pas quitter ce qu'ils considèrent comme leur petit coin de paradis.

«À chaque fois qu'on recevait une lettre, moi je tombais malade», a ajouté sa conjointe, qui dit être aux prises avec des problèmes de santé et d'anxiété en raison de toute cette histoire.

Poursuite au civil de 85 000 $

Les retraités viennent, à leur tour, de se tourner vers les tribunaux. Ils se disent victimes d'acharnement et poursuivent la municipalité pour 85 000 $ en dommages et intérêts.

«C'est abusif! [...] Pour une municipalité, une petite municipalité, je trouve que c'est un manque de respect», a affirmé l'avocat du couple, Régis Gaudreault.

La municipalité de Saint-Henri-de-Taillon n'a pas voulu commenter le dossier en raison des procédures judiciaires en cours. On assure cependant que d'autres moyens ont été tentés avant d'en arriver à l'expulsion. Qui dit vrai? Ce sera au tribunal de trancher.