/news/law

18 mois de prison pour la fausse psychologue de Lévis

Nicolas Saillant | Journal de Québec 

Courtoisie

La fausse psychologue de Lévis qui avait incité un adolescent en dépression à arrêter sa médication et diagnostiqué «d’un peu autiste» un enfant avec une déficience profonde, a finalement reçu une peine de 18 mois de prison.

Faux nom, fausse date de naissance, faux doctorat en psychologie, la vie que s’est créée Mélanie-Eugénie Chisholm au cours des dernières années n’était qu’un tissu de mensonges. Le plus «odieux», selon la juge Christine Gosselin, c’est que ces mensonges ont été faits au détriment d’enfants «en situation de vulnérabilité».

Évaluant un adolescent en dépression, Chisholm, qui prétendait avoir un doctorat en psychologie, lui avait diagnostiqué un trouble d’anxiété plutôt qu’une dépression. Ses conseils d’arrêter de prendre sa médication ont ensuite eu des effets néfastes sur sa santé.

Lorsqu’elle a évalué le petit frère de l’adolescent pour 100$ de l’heure, la fausse psychologue a indiqué que l’enfant présentait des tiques laissant croire qu’il avait été abusé sexuellement.

Pire encore, embauchée pour 1400$ afin d’évaluer un enfant avec une déficience profonde, l’accusée a sommairement diagnostiqué que ce dernier était «un peu autiste». Cette évaluation bidon a fait perdre une année aux parents, qui voulaient envoyer l’enfant vers des soins spécialisés.

Fraude

L’ex-conjoint de l’accusée, qui a cru tout au long de leur relation qu’elle était née en 1977 alors qu’elle était en fait six ans plus vieille, s’est aussi fait usurper son identité. La fraudeuse a utilisé son numéro d’assurance sociale et son permis de conduire pour se procurer un cellulaire qu’elle n’a jamais payé.

Pour expliquer les 11 chèques sans fonds au propriétaire de la maison qu’elle louait avant d’être expulsée au printemps 2015, Chisholm a dit avoir été fraudée par son ex, de devoir se rendre en Écosse pour la mort de son père, puis d’organiser les funérailles de sa sœur.

En décembre dernier, lors de son arrestation qui a mené à son incarcération pour non-respect des conditions, les policiers avaient trouvé un chèque signé au nom de Eugénie Boulet.

Une sentence commune de 18 mois de prison a été proposée par les deux avocats. Malgré «l’odieux de la situation» et une proposition jugée «clémente», la juge Gosselin a entériné cette sentence.