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Cinq camions pour retirer l’argile

Amélie St-Yves | Journal de Montréal

Photo Collaboration spéciale, Amélie St-Yves

Pas moins de cinq camions de 12 roues ont été remplis de glaise pour nettoyer un terrain de camping inondé et situé en Mauricie, près du lac Saint-Pierre, selon le propriétaire. Et il en reste encore.

« La vase, ici, c’est carrément l’enfer. L’eau passe par-dessus les terrains et laisse un dépôt épouvantable. J’en ai déjà vu 11 pouces d’épais sur un terrain », raconte le propriétaire du Camping et Marina Louiseville, Jean-Claude Dupuis.

Le camping a pignon sur rue à Louiseville, à la jonction du lac Saint-Pierre et de la rivière du Loup, dont le fond est très argileux. Le courant vient gratter le fond de la rivière, ce qui fait remonter l’argile dans l’eau.

Elle reste ensuite au sol quand l’eau se retire, selon le maire de la ville d’environ 7000 habitants, Yvon Deshaies.

Ce n’est toutefois pas seulement la rivière qui est en cause. Plusieurs municipalités au nord du lac Saint-Pierre ont des dépôts semblables, selon M. Deshaies.

Ménage

Le ménage a commencé il y a une semaine sur le terrain de camping d’une cinquantaine de lots, tandis que les eaux des inondations printanières se retirent tranquillement.

Il faut gratter le dépôt de glaise, rajouter de la terre noire et semer du gazon par-dessus. Plus de la moitié du terrain est touché. Il ne faut surtout pas aller trop vite, selon M. Dupuis.

L’eau a d’ailleurs monté de nouveau la fin de semaine dernière et une partie du travail a dû être reprise.

D’après le propriétaire, cinq camions sont repartis remplis de glaise, et ce n’est pas terminé. Il précise d’ailleurs avoir sorti sept camions d’argile en 2017. Un camion du genre peut contenir jusqu’à 17 tonnes en période de dégel.

La glaise servira à faire « du remplissage » à des endroits où le sol n’a pas besoin d’être beau, a expliqué M. Dupuis.

« L’eau ne baisse pas vite. C’est très lent, et s’il pleut, elle remonte un petit peu. Mais je pense qu’on est correct. Que ça va repartir de l’autre bord », mentionne M. Dupuis.

Il évalue les pertes à environ 10 000 $ pour cette année. En plus du nettoyage, les contrats des saisonniers devront d’ailleurs être revus à la baisse parce que la saison est écourtée.

Dix jours encore

« Ça ne menace pas le camping. On n’en est pas là. Mais c’est désagréable. Pour un petit terrain de camping de cette grandeur-là, c’est beaucoup, c’est trop. On n’a pas besoin de ça du tout », explique-t-il.

Normalement, ce terrain de camping ouvre à la fin du mois d’avril. Il est encore fermé et ne pourrait ouvrir qu’au début du mois de juin.

La Sécurité civile estime que les sinistrés du lac Saint-Pierre en ont encore pour une dizaine de jours avant un retour à la normale. La lenteur de la décrue est attribuable à la neige qui continue de fondre à certains endroits, selon la conseillère en sécurité civile Marielle Langlois.

« Les choses vont dans le bon sens. Lentement, mais sûrement », dit-elle.