/news/law

Un psy dit avoir choisi l’amour avant la loi

Hugo Duchaine - Le Journal de Québec

MARTIN ALARIE - JDEQ

Un psychologue de Québec a plaidé coupable d’inconduite sexuelle jeudi après avoir été dénoncé à son ordre professionnel par l’ex-conjoint de la patiente avec qui il a entretenu une relation.

Avec cette culpabilité, François Hamel s’expose à une radiation de cinq ans, mais il a déjà cessé sa pratique, se disant aujourd’hui incapable de continuer.

En larmes devant le Conseil de discipline de l’Ordre des psychologues, il a affirmé que cette relation avait été son « plus grand dilemme », confronté à choisir entre l’amour et la loi, préférant la première option et se disant prêt à en assumer les conséquences.

Pas orienté à un collègue

La syndique adjointe de l’Ordre, Éveline Marcil-Denault, a relaté comment au fil de trois ans et plus d’une centaine de consultations, le psychologue n’a pas orienté la patiente à un confrère ou n’est pas allé chercher de l’aide en constatant qu’il développait des sentiments.

Cette dernière, dont l’identité est protégée, le consultait pour de l’aide avec des difficultés professionnelles, des conflits familiaux et une insatisfaction dans sa vie de couple. Elle a d’abord confié à M. Hamel éprouver des sentiments pour lui.

Si ce dernier a d’abord exprimé la possibilité de mettre fin à la thérapie, celle-ci s’est poursuivie pendant encore plus d’un an. Le psychologue a finalement dit à sa patiente que ses sentiments étaient réciproques. Ils sont ensuite devenus intimes dès que la thérapie s’est terminée.

Abus de relation

« Ce n’est pas un abus sexuel, mais un abus de la relation [psychologue-patient] », a tranché l’avocate de la syndique adjointe, Pascale Vigneau.

Selon elle, ce cas n’a rien d’exceptionnel, même s’il est question d’amour, selon le professionnel.

« C’est une situation qui n’est pas rare, d’une cliente qui développe des sentiments amoureux envers son thérapeute », a-t-il expliqué devant le Conseil de discipline.

Mais il revient aux psychologues d’assurer le maintien d’une relation thérapeutique uniquement. S’ils échouent à cette tâche, ils doivent être sanctionnés, a plaidé Me Vigneau.

« Ce n’est pas une relation d’égal à égal, il y a un rapport d’autorité », a-t-elle précisé.

Le Conseil doit rendre sa décision sur sanction d’ici 90 jours.