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«Va-t-on assassiner 164 000 chiens par année?» - Me Goldwater

TVA Nouvelles

Bien connue pour ses déclarations qui ont du mordant et son combat judiciaire afin d’empêcher l’euthanasie du molosse de type pitbull qui a blessé quatre enfants à Montréal-Nord, l’avocate Anne-France Goldwater est ravie du nouveau projet de règlement gouvernemental pour encadrer les chiens dangereux, mais il y a un os!

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«Enfin, le gouvernement déclare ce qui a toujours été évident: ce sont les propriétaires ou gardiens des chiens qui sont responsables de la sécurité publique. C’est à vous de vous assurer que vous n’allez pas compromettre la sécurité de vos voisins, des étrangers. Les Québécois ont le droit de circuler en toute quiétude», soutient Me Goldwater.

L’avocate se réjouit aussi que ce ne soient pas que certains chiens qui sont ciblés tels que les pitbulls, les rottweilers, etc. Selon l’avocate, tous les chiens «peuvent représenter un risque».

«Si vous êtes dans une situation où la morsure est d’un chien que vous connaissez, qu’il est autrement de bonne humeur, que vous n’avez pas peur de lui, que peut-être votre enfant a tiré la queue de votre animal ou que c’était un accident malheureux, de grâce, dites au médecin que c’était un chien errant»

Anne-France Goldwater

avocate

Morsures

Hier, la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, expliquait que dans son projet de règlement tous les chiens dangereux du Québec devraient désormais être stérilisés tandis que ceux qui causeront des blessures graves ou la mort seront euthanasiés. S’il s’agit d’une morsure grave ou ayant causé la mort d’un humain, la municipalité devra faire euthanasier l’animal.

L’avocate sort « les crocs» concernant les cas de morsures.  «Il faut dans les médias arrêter d’utiliser des euphémismes comme l’euthanasie. (...) Ici, on veut assassiner des chiens. Je ne suis pas en accord que la solution soit d’euthanasier l’animal, le tuer ou l'assassiner.»

Me Goldwater avance que le gouvernement a «avoué qu’il y a 164 000 morsures de chien chaque année au Québec». «Va-t-on se mettre à assassiner 164 000 chiens? Ça va être l’abattoir! Et dans 38% des cas de chiens qui ont mordu, c’est celui de la famille», souligne-t-elle.  

Rapporter les morsures

Québec obligera également les médecins et vétérinaires à signaler aux autorités municipales toutes les morsures de chien envers un humain ou un animal. La plaideuse estime qu’en rapportant les cas de morsures, «les médecins vétérinaires seront obligés de trahir leur obligation de confidentialité».

Anne-France Goldwater y va d’un avertissement aux Québécois qui a de quoi surprendre. «Si vous êtes dans une situation où la morsure est d’un chien que vous connaissez, qu’il est autrement de bonne humeur, que vous n’avez pas peur de lui, que peut-être votre enfant a tiré la queue de votre animal ou que c’était un accident malheureux, de grâce, dites au médecin que c’était un chien errant, car autrement vous mettez en péril la vie de votre animal, même s’il ne représente aucun risque pour personne.»