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Colombie: 60% désapprouvent la gestion du président Duque

AFP

Soixante pour cent des Colombiens désapprouvent la gestion du président de droite Ivan Duque, un chiffre en hausse de 12% par rapport à février, dans un climat de polarisation autour de l'accord de paix avec l'ex-guérilla Farc, selon un sondage publié vendredi.

Le taux d'opinions défavorables envers la gestion de M. Duque, qui a pris ses fonctions en août, est passé de 48% à 60% au cours des trois derniers mois, tandis que le taux d'approbation a chuté de dix points à 32%.

Ce sondage a été réalisé par l'institut Gallup pour le compte de plusieurs médias colombiens entre les 2 et 11 mai, auprès de 1.200 personnes au niveau national et avec une marge d'erreur de 5%.

«Il y a une perception d'ingouvernabilité (...) et de manque d'expérience du gouvernement», a déclaré à l'AFP Carlos Andrés Arias, expert en communication politique de l'université Externado, à Bogota.

En neuf mois au pouvoir, le président Duque a été confronté à des manifestations massives d'étudiants, d'indigènes et d'ouvrières, et n'a pas réussi à mettre en oeuvre sa principale promesse électorale: modifier l'accord de paix signé en 2016 avec l'ex-guérilla Farc, depuis désarmée et transformée en parti politique.

Le Parlement a même voté contre les modifications que M. Duque avait présentées concernant le système de Juridiction spéciale de paix (JEP) prévu par l'accord pour juger les crimes les plus graves des acteurs du conflit armé.

M. Duque proposait six modifications pour empêcher que des narcotrafiquants puissent intégrer le processus de paix pour échapper à une éventuelle extradition.

L'accord de paix prévoit que les auteurs de crimes graves puissent bénéficier de peines alternatives à la prison s'ils contribuent à établir la vérité, dédommagent les victimes et s'engagent à ne plus jamais recourir à la violence.

Selon Gallup, 47% des personnes interrogées soutiennent ce système qui s'appliquent aux anciens rebelles, mais aussi aux militaires et à d'autres forces impliquées dans le conflit armé.

Parmi leurs principales préoccupations, les Colombiens ont cité la corruption (23%), la situation économique du pays (20%) et la sécurité (18%).

Au premier trimestre de cette année, le PIB a enregistré une croissance de 2,8% par rapport à la même période de 2018, en dessous des prévisions du gouvernement, tandis que le chômage était de 10,8% en mars.