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Contrat pour deux traversiers: Ottawa veut conclure un marché avec chantier Davie

Dominique Lelièvre | Journal de Québec

Le chantier Davie raflera vraisemblablement le contrat de construction de deux traversiers fédéraux et pourra ainsi redonner un emploi à des centaines de travailleurs, une nouvelle accueillie avec soulagement après une année de vaches maigres.

Si aucun autre constructeur ne se manifeste d’ici quinze jours, c’est le chantier maritime de Lévis qui sera responsable de la conception et de la réalisation des navires devant remplacer les vieillissants NM Madeleine et NM Holiday Island dans l’est du pays. 

Or, ce serait pratiquement chose acquise. «Notre étude des chantiers au Canada nous porte à croire que seulement le chantier Davie est capable de faire la tâche qu’on a annoncée aujourd’hui», a expliqué le ministre fédéral des Transports, Marc Garneau, devant une centaine de travailleurs du chantier, vendredi. 

Signal important

C’est la première fois en une génération que le gouvernement fédéral confie à Davie la construction d’un navire, lui qui avait maintenant l’habitude des conversions et des réfections de bateaux existants. Depuis la livraison du navire ravitailleur Astérix, en 2017, le nombre d’employés a fondu de plus de la moitié sur le chantier. 

«Le signal est important, s’est réjoui le vice-président des affaires publiques du chantier, Frédérik Boisvert. [...] Il y a environ 400 employés ici présentement. Avec les nouveaux traversiers, on peut parler de plusieurs centaines de travailleurs rappelés, sur une base de quelques années, entre quatre et cinq ans, facilement, donc beaucoup de stabilité», a-t-il évalué. 

Cette nouvelle est d’autant plus réjouissante pour les ouvriers qu’Ottawa souhaite aussi confier à Davie l’entretien de frégates de classe Halifax, ce qui pourrait à terme créer 400 emplois pendant une décennie, à partir de 2021. «Au final, on revient tranquillement dans la zone où on était avant la fin d’Astérix et on en est très content», analyse M. Boisvert. 

Patience

La construction des deux traversiers pourrait cependant ne pas débuter avant un an. Lorsque la période d’adjudication sera complétée, Ottawa et le chantier Davie entreront dans une période de négociations sur les spécifications des navires et, surtout, leur coût. La valeur du contrat et l’échéancier précis ne sont donc pas déterminés encore. 

Le maire de Lévis, Gilles Lehouillier, espère que les travailleurs pourront ainsi tourner la page sur plusieurs années d’incertitude. «Aujourd’hui, le gouvernement fédéral envoie un signe sensible qu’enfin, on est en train de virer la roue en faveur [du] chantier», a déclaré l’élu qui lorgne toujours, pour sa ville, «à peu près un 10 à 15 milliards de contrats» qui n’ont toujours pas été attribués par Ottawa dans le cadre de la stratégie maritime nationale. 

L’opposition conservatrice a réagi à l’annonce fédérale par voie de communiqué, la qualifiant de «trop peu, trop tard» et alléguant que le gouvernement Trudeau a «fait de l’ingérence pour empêcher le chantier Davie d’obtenir le contrat pour le navire de ravitaillement Astérix», ce qu’a fermement démenti M. Garneau. 

Sur la scène provinciale, le porte-parole péquiste en matière de stratégie maritime, Joël Arsenault, a évoqué «une excellente nouvelle pour la Davie, pour ses travailleurs, pour la région de Québec», tout en pressant Ottawa de «préciser les échéanciers dans les plus brefs délais» et à consulter la population locale sur les besoins. 

— Avec la collaboration de Marc-André Gagnon, Bureau parlementaire

Deux traversiers à remplacer  

  • NM Madeleine : relie les Îles-de-la-Madeleine à Souris (Île-du-Prince-Édouard) et construit il y a 28 ans 
  • NM Holiday Island : relie Wood Islands (lÎle-du-Prince-Édouard) à Caribou (Nouvelle-Écosse) et construit il y a 48 ans 
  • Les nouveaux navires feront environ 130 mètres de longueur 
  • Entre quatre et cinq ans pour leur construction
  • Valeur du contrat inconnue pour le moment