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Population en hausse, les déplacements aussi

Stéphanie Martin | Journal de Québec

Jean-François Desgagnés

Les chiffres de la nouvelle enquête origine-destination démontrent que les déplacements dans la région de Québec se sont accrus au même rythme que la population dans les six dernières années, mais que les habitudes sont demeurées les mêmes, avec des déplacements généralement concentrés dans l’ouest de la ville.

Plus de monde dans les villes et en déplacement

Depuis 2001, la population de la grande région de Québec a crû de 16,1 %. Cette hausse a eu un effet direct sur la mobilité des personnes. Ainsi, le nombre de déplacements en voiture, transport en commun, vélo, marche et autres a fait un bond à peu près semblable de 17,8 %. C’est donc dire que chaque jour, 2,1 millions de déplacements s’effectuent sur le réseau routier ou sur les trajets de transport collectif. En proportion de la population du territoire à l’étude, a nuancé l’analyste du ministère des Transports, Jean Côté, la région a un taux de mobilité « comparable à d’autres régions ». Après la baisse qui avait été notée entre 2006 et 2011, les déplacements « reviennent maintenant sur la courbe de tendance ».

Baisse du transport en commun à Québec, hausse à Lévis

Le transport en commun connaît un recul dans l’agglomération de Québec, alors qu’il gagne des adeptes à Lévis. On note qu’en matinée, l’utilisation du transport collectif a diminué de 2,5 % à Québec, Saint-Augustin et L’Ancienne-Lorette. Ce qui fait que la part modale du transport collectif a légèrement baissé. De l’autre côté du fleuve, c’est la situation totalement inverse qui est observée. Le bus a connu un regain de popularité avec 30 % plus d’utilisation depuis 2011. Néanmoins, le pourcentage des déplacements effectués en bus est deux fois moins important à Lévis que dans l’agglomération de Québec, où 14 % des déplacements se font en transport collectif. Même s’il représente une faible part des déplacements quotidiens, autour de 1,2 %, le vélo « connaît une popularité croissante », particulièrement sur le territoire de l’agglomération, avec une hausse de 90,7 % depuis 2001.

Un portrait inchangé

Le modèle des déplacements automobiles dans la grande région de Québec n’a pas beaucoup changé entre les deux dernières enquêtes origine-destination, faites en 2011 et 2017. Les automobilistes continuent de circuler davantage dans l’ouest de la ville parce que pour la majorité, leur point de départ et de destination se situe dans la partie ouest du territoire. Ainsi, chaque jour, 229 800 automobilistes se déplacent vers l’arrondissement Sainte-Foy–Sillery–Cap-Rouge, contre seulement 81 200 pour l’arrondissement de Beauport, qui est situé le plus à l’est. Des déplacements vers Sainte-Foy, la moitié se font à l’intérieur des limites de l’arrondissement. « Il n’y a pas de gros changements dans l’offre de transport et dans les grands générateurs de déplacements entre les deux enquêtes », a noté l’analyste Jean Côté.

La voiture toujours reine

C’est l’automobile qui demeure reine dans la région et elle se déplace la plupart du temps avec seulement son conducteur à bord. Pas moins de 63,9 % des déplacements se font ainsi. Très loin derrière, suivent les déplacements comme passager d’un véhicule, avec 14,6 %, la marche (9,2 %) et l’utilisation du transport en commun (7 %). Il est cependant à noter qu’une tendance se dessine chez les jeunes qui, contrairement aux 65 ans et plus, sont moins nombreux qu’avant à détenir un permis de conduire. Chez les 15-24 ans, 62 % possèdent leur permis, une baisse de 2,4 %. « C’est un phénomène nouveau », note l’analyste Jean Côté. « Les jeunes sont moins portés à aller chercher les permis. On ne connaît pas la cause. » Même chez les 25 à 64 ans, la tendance est légèrement à la baisse.

Des périodes de pointe encore plus pénibles

Depuis 2001, les périodes de pointe connaissent une croissance continue, révèle l’enquête. Dans la pointe du matin, « on voit une tendance très constante du nombre de déplacements. On a à peu près un gain de 30 000 déplacements par enquête OD. Depuis 2001, on atteint 20 % de croissance en période du matin, de 6 h à 9 h, et 27 % le soir, de 15 h à 18 h. « La période de l’après-midi s’intensifie au fil du temps », remarque Jean Côté. Et les plages horaires ont tendance à s’étirer aussi, alors que les automobilistes sont nombreux à avoir la même idée : quitter la maison ou le travail de plus en plus tôt pour éviter le trafic. « Il y a une forte croissance le matin entre 6 h et 7 h et l’après-midi entre 15 h et 16 h. »

21 000 personnes voyagent de l’est vers l’est ?

Le ministre des Transports, François Bonnardel, a expliqué hier après l’annonce des résultats de l’enquête que le projet de troisième lien était justifié puisque 21 000 personnes se déplacent quotidiennement entre les deux rives de l’est vers l’est, contre 31 000 personnes qui le font dans l’ouest des deux villes. Or, pour en arriver à ce calcul, M. Bonnardel inclut dans le groupe des navetteurs est-est tout le territoire situé à l’est des ponts actuels à Lévis et tous les secteurs de Québec, excluant Sainte-Foy et La Haute-Saint-Charles. « On peut prétendre que ceux qui circulent est-est vont nécessairement utiliser le 3e lien », a-t-il affirmé. Or, cela inclut par exemple un citoyen de Saint-Romuald, près des ponts, qui se déplacerait vers la colline Parlementaire. Pour emprunter un éventuel troisième lien, la distance à parcourir serait d’une quarantaine de kilomètres contre une vingtaine en circulant sur les ponts actuels.